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Policiers jugés en correctionnelle pour violences contre des "gilets jaunes": ces vidéos au coeur du procès

Des vidéos au coeur de l'enquête. Deux policiers ont été renvoyés en correctionnelle pour des violences présumées lors de manifestations de "gilets jaunes", tandis que 18 affaires ont été confiées à des juges d'instruction.

Le parquet de Paris fait le bilan des enquêtes sur les violences policières pendant le mouvement des "gilets jaunes": l'IGPN, la "police des polices", a classé sans suite plus d'un tiers des 212 dossiers. 

Pour la première fois, deux policiers seront aussi jugés en correctionnel pour des actes de "violences volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique" survenu le 1er mai à Paris.

Ce jour-là, en plein contexte de colère, les traditionnels cortèges syndicaux avaient été le théâtre de tensions importantes. Au coeur de l'enquête, des vidéos qui ont fait le tour des réseaux sociaux.

Dans l'une d'elle, on peut ainsi voir un premier policier accusé d'avoir jeté un pavé sur des manifestants. Une scène filmée et largement relayée sur Internet. On y voit clairement le policier en tenue anti-émeute saisir le projectile au sol... et l'envoyer devant lui sur un groupe de manifestants.

La seconde procédure vise un autre membre des forces de l'ordre, accusé, lui, d'avoir giflé un manifestant. Là aussi, la scène est filmée.

On y entend l'homme insulter le policier. L'agent se retourne, se dirige vers lui et le gifle à deux reprises. Sur la vidéo, on découvre alors que la première gifle est si violente que les lunettes du manifestant sont éjectées de son visage. L'homme adossé contre la vitrine d'un magasin n'oppose aucune résistance. Si on l'entend clairement insulter ce policier, il semble n'être l'auteur d'aucune violence à son encontre.

D'après le procureur de Paris, 18 procédures impliquant des policiers ont par ailleurs été confiées à des juges d'instruction -chargés d'enquêter sur les affaires les plus graves- tandis que 54 autres ont été classées, faute de preuves suffisantes notamment. 72 affaires, enfin, sont encore en cours d'analyse.

Jean-Baptiste Bourgeon