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Procès de l’attentat de Nice: un policier témoigne de l’horreur de la scène de crime

Le témoignage du policier Thierry Pereira au procès de l'attentat de Nice (croquis d'audience)

Le témoignage du policier Thierry Pereira au procès de l'attentat de Nice (croquis d'audience) - Marion Dubreuil / RMC

Au procès de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice, ce vendredi devant la cour d'assises spéciale de Paris, un policier a raconté l'horreur de la scène de crime.

Un capitaine de la police judiciaire de Nice a témoigné ce vendredi devant la cour d’assises spéciale, à Paris, au sujet des premières constatations sur le camion de l’assaillant qui a commis l'attentat sur la Promenade des Anglais, dans la nuit du 14 au 15 juillet 2016. A la barre, le capitaine Thierry Pereira explique que cette nuit-là, pour la première fois de sa carrière en police judiciaire, il a parlé à un mort, une victime de l’attentat coincée sous le camion de l’assaillant. "Je lui ai parlé, je me suis excusé auprès de lui pour le dégager".

Il est environ 4h du matin quand ce capitaine de la police judicaire de Nice fait les premières constatations. En plein mois de juillet, la chaleur est écrasante. Sur place, il découvre avec sa collègue trois corps, dont celui d’Angelo D’Agostino, un Italien de 71 ans, coincé sous l’essieu du camion. Sur le schéma projeté sur le grand écran de la salle d’audience, le corps est dessiné en pointillé rouge pour faire comprendre qu’il était sous le poids lourd.

Un septuagénaire en vacances avec sa compagne, également tuée

"C’était impossible de le retirer, confie avec émotion cet enquêteur à la cour, alors j’ai pris la décision de l’abîmer encore plus qu’il ne l’était." Comme pour lui rendre son humanité, le policier raconte le peu de choses qu’il connait du septuagénaire: il était en vacances depuis une semaine à Nice avec sa compagne, qui a elle aussi été mortellement percutée.  

Sur le flanc du camion, le policier raconte qu’il découvre le corps d’un adolescent, du même âge que le fils de sa collègue, qui réagit avec une vive émotion. Il s’agit de Ludovic Rodier, 15 ans. "Sa sœur est également décédée", précise le capitaine. Le policier décrit, avec précision et retenue, l’horreur, "les cheveux" retrouvés sous les roues du camion et les multiples plaies des victimes.  

Le troisième corps sur lequel l’enquêteur a fait des constatations est celui du conducteur du camion, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, retrouvé dans la cabine du camion. Le dernier corps à quitter la promenade ce 15 juillet 2016. "Ma collègue a refusé qu’il soit dans un fourgon funéraire avec d’autres victimes" explique Thierry Pereira.

Marion Dubreuil