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Redoine Faïd en cavale après son évasion en hélicoptère: ce que l'on sait

Quelque 2.900 policiers et gendarmes sont mobilisés depuis dimanche pour tenter de rattraper le braqueur récidiviste après son évasion spectaculaire par hélicoptère de la prison de Réau en Seine-et-Marne.

Il s'était déjà évadé il y a cinq ans de sa prison de Lille-Sequedin. Redoine Faïd est de nouveau en cavale après son évasion en hélicoptère du centre pénitentiaire de Réau en Seine-et-Marne.

Une évasion spectaculaire à l'aide de complices lourdement armés. Dimanche, dans la matinée, 3 hommes prennent en otage le pilote d'un hélicoptère de loisirs, près de Lognes, en Seine-et-Marne: ils ont réservé un baptème de l'air il y a 3 semaines. Un des malfaiteurs le force alors à rester en survol juste au-dessus de la cour d'honneur de la prison de Réau, une petite cour qui se trouve juste après l'entrée de la prison et qui n'a pas de filin de sécurité ni de mirador.

Une disqueuse pour s'attaquer aux portes

Deux autres complices descendent avec des brassards police, des fusils de type kalachnikovs, des fumigènes. Les malfaiteurs ont aussi avec eux une disqueuse avec laquelle ils découpent une première porte, une entrée d'intervention, peu utilisée, qui mène au couloir des parloirs, coté famille. Dans ce couloir, ils découpent deux grilles puis une porte vitrée, derrière laquelle se trouvent Redoine Faïd et son frère Brahim qui est venu lui rendre visite. Le prisonnier s'enfuit avec ses complices par le même chemin. 

Quelques instants plus tard, l'hélicoptère est abandonné sur une petite route, entourée de champs à Gonesse, dans le Val-d'Oise, non loin de l'autoroute A1 où le pilote est relâché. Les malfaiteurs montent dans une Renault Mégane noire, qu'ils laissent dans un parking à Aulnay-Sous-Bois, pour prendre une fourgonnette blanche en direction du Val-d'Oise, où la police perd leur trace.

3000 forces de l'ordre mobilisées

Les forces de l'ordre sont mobilisées depuis dimanche sur le territoire national pour tenter de rattraper le récidiviste. Un plan national de recherche a été engagé avec des consignes de vigilances adressés à 3000 fonctionnaires, de la police aux frontières, de la gendarmerie et de la police. C'est la police judiciaire de Versailles qui est en charge de l'enquête.

De son côté, la police technique et scientifique va essayer d'exploiter les moindres traces qu'auraient pu laisser les malfaiteurs dans les voitures ou l'hélicoptère. Les enquêteurs vont décortiquer l'entourage de Faïd pour essayer de trouver qui a pu l'aider, pour quelles raisons, d'amitiés ou financières.

"L'écrivain"

Redoine Faïd a grandi à Creil, dans l'Oise. Dans les années 90, il braque des fourgons blindés. Il est même l'un des "spécialistes" jusqu'à ce qu'il soit identifié. Faïd passe alors 3 ans en cavale avant d'être arrêté et condamné à 18 ans de prison. En détention, il est "sportif", "soigné", et sort pour "bonne conduite" en 2009. 

C'est alors que les forces de l'ordre le surnomme "l'écrivain": Redoine Faïd raconte son ancienne de vie de braqueur dans une autobiographie et assure, sur les plateaux télé, que sa vie de bandit est terminée... Mais confie également que l'adrénaline des braquages l'a rendu accro. 

Un aveu puisqu'il est alors en train de préparer un autre braquage de fourgon qui conduit à la mort d'Aurélie Fouquet, une policière municipale, à Villiers-sur-Marne le 20 mai 2010, à l'issue d'une course-poursuite sur l'A4. Quelques mois mois plus tard, quand les policiers interpellent l'équipe de voyous qui a participé, Redoine Faïd, lui, est déjà en fuite...

Pendant cette autre période de clandestinité, il participe même à une autre attaque de fourgon à Arras, dans le Nord, dont le butin de plus de 2 millions d'euros n'a jamais été retrouvé. Six mois plus tard, les forces de l'ordre mettent la main sur Faïd. A la prison de Sequedin, en 2013, il s'échappe en récupérant une arme dans un panier de linge, prend quatre surveillants en otage avant d'être retrouvé quelques semaine après. 

Depuis, "l'écrivain" a accumulé trois condamnations pour un total de 53 ans de prison à purger. A 46 ans, Redoine Faïd en est à sa 4ème cavale et n'a donc pas grand chose à perdre. Il sait qu'il risque de finir sa vie en prison et a l'expérience de la vie de fugitif... et des erreurs à ne pas commettre.

Claire Andrieux et X.A