RMC

Violents affrontements entre forains et forces de l'ordre au Mans: que s'est-il passé?

Environ 500 forains s'étaient rendus dans le centre-ville avant d'être repoussés par les gendarmes. Ils se sont à nouveau donné rendez-vous ce mardi.

Caravane en feu, blocage des voies SNCF, échauffourées: de vives tensions ont opposé forces de l'ordre et forains lundi au Mans, ces derniers réclamant de continuer à travailler dans le centre-ville, la mairie refusant de son côté toute discussion "sous la pression ou la violence".

Dès 9h, lundi, pour la 4e journée de mobilisation, de violents affrontements ont éclaté près de la mairie obligeant les forces de l'ordre à faire usage de tirs de gaz lacrymogènes. Environ 500 forains se sont rendus dans le centre-ville avant d'être repoussés par les gendarmes mobiles positionnés autour de la mairie.

Casqués, masqués, cagoulés, les manifestants sont venus munis de battes de baseball, de barres de fer, de frondes et de masques à gaz.

La situation a rapidement dégénéré en échauffourées: des manifestants ont enflammé une caravane qu'ils ont jetée en direction des forces de l'ordre qui ont tiré des grenades de désencerclement pour les disperser. La mairie du Mans a de nouveau dû être évacuée.

"Il n'y aura pas de discussions sous la pression ou la violence"

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a évoqué sur Twitter "des attaques d'une violence inouïe". "Rien ne saurait justifier les exactions commises ce matin au Mans (...) Soutien aux policiers et gendarmes mobilisés. Ils ont toute ma confiance", a réagi M. Castaner.

Un manifestant a été placé en garde à vue et devait être remis en liberté dans la soirée de lundi, selon le procureur du Mans Fabrice Bélargent, précisant qu'il serait jugé "en juillet pour des faits de rébellion en réunion".

Les forains protestent contre une nouvelle implantation de leurs manèges à la périphérie du Mans. Refusant une proposition du maire qui prévoyait d'organiser une "fête foraine hors du périmètre du centre-ville", ils avaient annoncé leur intention de paralyser lundi la ville du Mans.

"Il n'y aura pas de discussions sous la pression ou la violence", a rétorqué le maire du Mans, le socialiste Stéphane Le Foll, dénonçant une "violence insurrectionnelle inacceptable". "On ne peut pas accepter que des élus soient menacés. Que la mairie ait été évacuée deux fois. Il y a des conditions dans lesquelles le dialogue n'a plus sa place", a ajouté l'ancien ministre au cours d'une conférence de presse.

Mahault Becker-Granier et Xavier Allain