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Policier renvoyé en correctionnelle: les parents du lycéen "soulagés"

Mis en cause dans une vidéo, un policier sera jugé pour "violences volontaires".

Mis en cause dans une vidéo, un policier sera jugé pour "violences volontaires". - Capture YouTube

Le gardien de la paix qui avait été filmé en train de frapper violemment un lycéen au visage, en marge d'une manifestation contre la loi Travail à Paris, sera jugé en mai prochain. Une décision saluée sur RMC ce dimanche par Me Gilles Bérès, l'avocat de la famille du lycéen violenté.

Le policier qui a frappé un lycéen de quinze ans à Paris va passer en correctionnelle le mois prochain. Ce gardien de la paix de 26 ans sera jugé pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique". Les images du coup de poing devant le lycée Bergson, à Paris, le 24 mars, en marge d'une manifestation contre la loi Travail, ont fait le tour du web et des plateaux de télévision.

Le policier, en poste dans le 19e arrondissement de Paris, avait été mis en garde à vue dans les locaux de l'Inspection générale de la police (IGPN), la police des polices. Il est libre mais a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'exercer ses fonctions jusqu'au procès.

"Un policier ne peut pas se permettre n'importe quoi"

C'est un soulagement pour la famille du lycéen, explique leur avocat, Me Gilles Bérès:

"Ses parents sont soulagés de voir que l'Etat de droit fonctionne et qu'un policier de 26 ans ne peut pas se permettre n'importe quoi sans encourir des sanctions", commente-t-il, ce dimanche sur RMC. "Ce qu'il faut bien préciser, c'est que ce n'est pas la police en tant qu'institution qui est en cause. La police fait son travail, la police est surchargée en ce moment, du fait de l'état d'urgence. Les policiers multiplient les missions, les policiers sont fatigués. Mais ce n'est pas aux lycéens et aux mineurs de faire les frais de cette fatigue accumulée par les fonctionnaires de police à Paris".

"Tous les cas de violences policières doivent être sanctionnés"

Même satisfaction du côté de l'Union nationale lycéenne (UNL), le premier syndicat de lycéens:

"On voit que, conformément à nos demandes, la justice et l'Etat ont pris leurs responsabilités", s'est-il réjoui sur BFMTV samedi. "Alors effectivement, on va continuer à être vigilants. On va voir quelle sera la finalité de tout ça. Mais surtout, au-delà de ce cas individuel, nous voulons nous assurer que tous les cas de violences policières, qui ont pu avoir lieu, soient sanctionnés par la suite: à Nantes, à Marseille et à Lille, où des lycéens qui manifestaient pacifiquement ont subi ces violences policières dans les cortèges. On les dénonce, on les condamne".

Contactés par RMC, les syndicats de police n'ont pas souhaité réagir. Au lendemain de ce tabassage, Bernard Cazeneuve avait condamné un geste inacceptable, promettant des sanctions pour les policiers qui outrepassent leurs prérogatives.

C. P. avec Laurent Saigre