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Autonomie de la Corse: "Ce n’est pas ce qui va remplir le frigo des Corses", selon Fabien Roussel

Des échauffourées ont éclaté en amrge de la manifestation en soutien à Yvan Colonna qui s'est tenue dimanche 13 mars 2022 à Bastia en Corse.

Des échauffourées ont éclaté en amrge de la manifestation en soutien à Yvan Colonna qui s'est tenue dimanche 13 mars 2022 à Bastia en Corse. - Pascal POCHARD-CASABIANCA

Le ministre Gérald Darmanin a affirmé qu'avec Emmanuel Macron, ils sont prêts à aller jusqu'à l'autonomie du territoire corse. Des mots qui ont fait réagir les autres candidats à la présidentielle. Sur RMC, Fabien Roussel se dit contre.

L’élection présidentielle se rapproche. A moins d’un mois du premier tour du scrutin, chaque sujet enflamme les débats. Le prix de l’essence, l’Ukraine ou encore la question de l’autonomie de la Corse.

Depuis deux semaines et la tentative d’assassinat d'Yvan Colonna à la prison d’Arles, la Corse est en proie à des manifestations violentes. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, s’est d’ailleurs se rendu sur place ce mercredi pour un déplacement de deux. Mais il a déjà évoqué l’idée d’une “autonomie” du territoire, assurant dans Corse-matin que le gouvernement était "prêt à aller jusque-là". Il a précisé sa pensée ce mercredi matin face à Apolline de Malherbe sur RMC et BFMTV.

"Il faut que nous en discutions. Voir quel calendrier on peut mettre en place", a-t-il dit. "Les discussions seront forcément longues, forcément difficiles. L'avenir des Corses est pleinement dans la République française".

"Ce qui est terrible, c'est qu'il faut un drame, comme d'habitude avec ce quinquennat, pour commencer à entrevoir des solutions"

Et rapidement les candidats à la présidentielle ont tous ou presque réagi. Le candidat écologiste à l'élection présidentielle Yannick Jadot s'est prononcé mercredi en faveur d'"une autonomie de plein droit" en Corse, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen affirmant que l'île "doit rester française". “Ça fait des mois que nous défendons l'idée d'une autonomie de plein droit, de plein exercice en Corse", a déclaré Yannick Jadot sur France 2. "Ce qui est terrible, c'est qu'il faut un drame, comme d'habitude avec ce quinquennat, pour commencer à entrevoir des solutions".

Pour Eric Zemmour, l'autonomie "ne répond en rien aux enjeux cruciaux du moment" qui sont "identitaires". "Oui à l'identité fière d'une Corse forte dans une France forte ; la Corse est grande quand elle est corse au sein d'une France forte", affirme le candidat Reconquête! dans un communiqué. "Voilà le potentiel 2e mandat Macron : le démembrement de la France", a fustigé sur Twitter Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France.

De son côté, la candidate du RN, Marine Le Pen a tweeté: "Passer de l'assassinat d'un préfet à la promesse d'autonomie, peut-il exister un message plus catastrophique ? Je refuse que le clientélisme cynique d'Emmanuel Macron brise l'intégrité du territoire français : la Corse doit rester française".

Invité dans les “Grandes Gueules” sur RMC, le candidat communiste Fabien Roussel s'est lui prononcé contre une autonomie corse.

“Je suis pour qu'il y ait, en Corse, des hausses de salaires conséquentes et un recul de la pauvreté. Ce dont souffre la Corse c'est d'une vie chère, encore plus chère qu'en métropole. (...) Pour moi, l’autonomie, ce n’est pas ce qui va remplir le frigo des Corses. C’est une question qui va agiter le landerneau politique”, a-t-il indiqué.

Valérie Pécresse a accusé de son côté Emmanuel Macron de "céder à la violence", ce qui "n'est pas sain". "Il faut ramener l'ordre en Corse avant d'entamer les négociations", a affirmé sur France Inter la candidate LR.

Guillaume Descours avec AFP