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"Ça fait peur": la sénatrice Nathalie Goulet aurait été espionnée par le Qatar

Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, la sénatrice Nathalie Goulet, qui aurait été espionnée par le Qatar, annonce son intention d’engager des poursuites.

Une cinquantaine de personnalités espionnées par le Qatar? Selon le Sunday Times, des journalistes, avocats, ou encore l'ancien patron du foot européen Michel Platini ainsi qu'une sénatrice française, ont été les cibles de hackers embauchés pour protéger la réputation du Qatar. Dans une déclaration transmise à l'AFP, un responsable qatari a dénoncé des allégations "manifestement fausses et sans fondements", qui reposent "sur une source unique qui prétend que son client était le Qatar, sans apporter la moindre preuve". "Le Qatar ne restera pas les bras croisés (...), et toutes les options juridiques à notre disposition sont à l'étude pour s'assurer que leurs responsables rendront des comptes", prévient-il encore.

Cette sénatrice française qui aurait été espionnée, c’est Nathalie Goulet (Union centriste). "Je suis un modeste sénateur rural, de l’Orne, mais il se trouve que je travaille sur l’islam radical et qu’on y croise souvent et beaucoup le Qatar. Donc j’ai été assez vocale, notamment sur le soutien du Qatar aux Frères musulmans et aussi sur la convention fiscale qui lie le Qatar à la France et qui fait de la France un paradis fiscal pour le Qatar. Donc je pense que j’ai un peu irrité", explique-t-elle dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story. Elle raconte avoir été prévenue d’un piratage de sa boite mail.

"Il y a quelques mois, j’ai reçu un coup de fil d’une personne qui s’est présentée comme un instructeur et qui m’a donné le code de ma boite Gmail. Donc j’ai eu un choc. Il ne m’a pas dit ni pourquoi, ni comment. Et il a raccroché. Cela m’a laissée dans un abime de perplexité. Evidemment, j’ai changé tous mes codes. Je ne savais pas d’où ça venait. Ça fait peur, surtout."

"Je n’en resterai pas là"

Nathalie Goulet compte désormais engager des poursuites. "Je vais consulter mes avocats. J’espère avoir le soutien de l’institution, aussi. Si c’est la boite Gmail, ça peut être la boite du Sénat et puis je ne suis sûrement pas toute seule dans ce cas-là, bien qu’étant probablement la plus vocale sur ce sujet. Ça va demander des moyens. Il va falloir que la justice s’en empare. Il y a aussi des journalistes qui ont été écoutés. On va coordonner tout ça. On n’aura jamais les moyens du Qatar pour assurer notre défense, mais il va falloir engager des poursuites de toute façon. Moi, je n’en resterai pas là, évidemment. C’est quand même d’une violence absolue."

Et la sénatrice promet de ne pas renier ses engagements. "J’ai publié un livre sur le financement du terrorisme, où on croise plusieurs fois le Qatar. Je maintiens qu’il y a des liens forts. Je n’ai aucune raison de changer d’avis."

LP