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Comment le Rassemblement National poursuit sa stratégie de "dédiabolisation"

2022, c'est l'objectif très clair de Marine Le Pen qui utilise la crise sanitaire pour terminer le travail de dédiabolisation de son parti.

Une image présidentialisée, un discours policé. La crise sanitaire est l'occasion pour Marine Le Pen de se poser en opposante crédible à Emmanuel Macron comme chez nos confrères de BFMTV le 17 janvier dernier: "Il faut un peu élever le débat et voir ce que doit être l'exercice du pouvoir dans des circonstances de crise sanitaire. Je n'ai pas vocation à être ministre de la Santé mais chef de l'Etat".

Entourée d'une vingtaine d'experts, surnommés les Horaces, la patronne du Parti muscle ses propositions ces dernières semaines notamment sur le plan sanitaire et économique. La députée du Pas-de-Calais a également pris ses distances avec les théories complotistes développées par exemple dans le documentaire polémique "Hold Up".

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Appel à droite et à gauche pour un front anti-Macron

La fille de Jean-Marie Le Pen n'a pas pour autant renoncé aux thèmes historiques du parti: la sécurité et l'immigration.

"Elle vient de proposer un certain nombre de mesures pour contrer le projet sur le séparatisme présenté par le gouvernement. On ne peut pas concevoir un RN qui n’aurait plus ces thèmes là au centre de son projet politique car c'est ce qui lui permet de se démarquer" selon Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême droite.

Portée par les sondages, Marine Le Pen espère rassembler autour de son nom pour créer un front anti-Macron et lance des appels à droite comme à gauche.

La présidente du RN mise aussi en ce début d'année sur la démocratie participative avec le lancement d'une plate-forme d'idée baptisée M L'Avenir.

Marine Le Pen est créditée la semaine dernière dans un sondage Harris Interactive (qui a fuité dans la presse) de 48% des intentions de vote contre 52% pour Emmanuel Macron en cas de duel au second tour de la présidentielle.

Pierrick Bonno avec P.B.