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Débat présidentiel: "ce n’est pas pour voir ça que je me suis assis pendant deux heures devant la télé"

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Le débat présidentiel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron a t’il fait bouger les lignes chez ceux qui ne savaient pas encore pour qui voter? Absolument pas selon, Mickael, 39 ans, décorateur, et habitant de Seine-et-Marne. Pour cet électeur de Jean-Luc Mélenchon au 1er tour, ce débat "a manqué de fond".

Mickael, 39 ans, décorateur, et habitant de Seine-et-Marne.

"Au lendemain du premier tour, j’étais dans l’indécision. J’avais voté pour Jean-Luc Mélenchon et je ne me sentais pas représenté ni par l’un, ni par l’autre des candidats. Et puis j’ai effectivement beaucoup regardé le programme de Marine Le Pen pour voir ce qu’elle proposait, sachant que je ne voterai jamais pour Monsieur Macron.

J’ai voulu regarder le débat pour me faire une idée plus précise, me forger une opinion plus convaincue. Il s’avère que j’ai été un petit peu déçu par l’attitude de Marine Le Pen, au niveau du comportement. Elle était dans l’invective, elle n’avait pas assez de hauteur, elle n’était pas assez dans le fond. On n’était beaucoup dans les attaques de personne, dans les deux cas d’ailleurs. Donc aujourd’hui je reste de l’indécision: est-ce que je vais aller voter blanc ou m’abstenir? Ou au contraire je continue dans cette colère et je fais le vote de la protestation qui pour moi pourrait être un vote Front national.

"Marine Le Pen n’a pas assez présenté ses propositions pour la France"

Elle était à l’aise au moment des questions d’immigration, de terrorisme, de sécurité. Un petit peu aussi au moment de l’Union européenne. Le reste c’était présenter le programme d’Emmanuel Macron comme la continuation du système. Mais elle n’a pas assez présenté ses différentes options et propositions pour la France. Je voulais écouter des choses de son programme et ça manque de réponse. Ce qui m’a déçu c’est son attitude. La légèreté, une certaine condescendance, parfois un certain manque de respect par rapport à monsieur Macron.

C’est resté plat. Sur des grands thèmes qu’on retrouve en meeting, mais dans un débat on échange des idées, on confronte des idées. Ce n’est pas pour voir ça que je me suis assis pendant deux heures devant la télé. Je voulais un choc idée contre idée. Surtout que d’habitude, les gens refusent de débattre avec le représentant du Front national. Pour une fois que ça se faisait, je voulais qu’on ait un débat de fond. Quelque chose qu’on retrouvait avec un Georges Marchais, avec un Mitterrand ou avec un Chirac. C’était des gens qui maîtrisaient leur dossier, et quand ils parlaient on savait où on allait. Marine Le Pen est forte dans la forme mais beaucoup de lacunes dans le fond".

Pauline Baduel (avec A.M.)