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Désobéissance civile: bataille entre le préfet et la mairie de Poitiers après des subventions

La ville de Poitiers a financé un festival où étaient dispensés des cours de désobéissance civile par des associations comme Greenpeace, Extinction Rébellion et Bassines non merci. Une décision qui a poussé le préfet du département à saisir le tribunal administratif.

Le préfet de la Vienne est en colère contre la ville de Poitiers. La raison? La tenue avec de l'argent public, en septembre dernier, d'ateliers de "désobéissance civile". C'est à l'occasion du "Villages des alternatives", les 17 et 18 septembre, que se sont effectivement tenus de tels ateliers, le tout avec des subventions de la ville de Poitiers et Grand Poitiers Communauté Urbaine.

Un camouflet pour le préfet du département, qui a décidé de saisir le tribunal administratif. "Il y avait des ateliers de désobéissance civile pour apprendre à bloquer, à casser même. Au cours de ces ateliers, il a été appelé à détruire des engins de chantier. C’est le rôle du préfet de contrôler les actes de légalité. J’ai considéré qu’il n’était pas légal qu’une collectivité finance un évènement avec de l’argent public pour inciter à commettre des actes illégaux", a assuré à RMC Jean-Marie Girier, le préfet de la Vienne.

"La ville de Poitiers a fait le choix, comme elle l’avait fait en 2017, de soutenir l’organisation d’un village des alternatives, organisé par l’association Alternatiba. Il y avait plus d’une centaine de villages consacrés à des questions comme l’agriculture, la mobilité, l’alimentation", a expliqué dans la foulée Léonore Moncond’huy, maire EELV de Poitiers (Vienne), à BFMTV.

"Il y avait un village qui s’appelait résistance et dans lequel il y avait un ou deux ateliers consacrés à la désobéissance civile. C’était de la formation théorique et c’était une initiation sur la désobéissance civile", a ajouté l'élue, en évoquant l'atelier animé par les groupes écologistes Extinction Rébellion, Greenpeace et "Bassines non merci".

"Je considère que parler de désobéissance civile, ça ne revient pas à inciter à produire des actes illégaux", défend Léonore Moncond’huy.

"Heureusement qu'il y a eu de la désobéissance civile dans le monde ces dernières années"

"Quand on a un maire EELV, tout part en vrille", estime sans fard l'avocate Sarah Saldmann ce mercredi sur le plateau des "Grandes Gueules", sur RMC et RMC Story. "Il y a eu des actes de désobéissance civile comme Rosa Parks, mais là c'est complètement con. Ces écolos veulent détruire et diviser les gens", ajoute-t-elle.

"Heureusement qu'il y a eu de la désobéissance civile dans le monde ces dernières années, comme Gandhi ou Martin Luther King", estime de son côté le syndicaliste Bruno Poncet, qui rappelle notamment l'action de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, qui avait permis de faire annuler le projet de grand aéroport dans la zone.

La mairie de Poitiers reste campée sur ses positions et refuse de retirer la subvention de 5.000 euros accordée à Alternatiba. La municipalité refuse même d'engager une procédure de retrait de la subvention. Deux refus qui poussent le préfet de la Vienne à saisir le tribunal administratif pour statuer sur ces deux décisions et forcer la mairie de Poitiers à revenir dessus.

G.D.