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Extrême-droite, Corse, Total... ce qu'il faut retenir de l'interview de Philippe Poutou

Invité de Questions de Confiance sur RMC et BFMTV, Philippe Poutou, candidat à l'élection présidentielle du NPA, a dénoncé la responsabilité d'Emmanuel Macron dans la montée de l'extrême-droite et s'est dit en faveur de l'indépendance du peuple corse.

C'est l'heure du dernier grand oral sur RMC et BFMTV pour Philippe Poutou. Le candidat à l'élection présidentielle a répondu aux Questions de Confiance de Philippe Corbé, ce samedi matin, sur notre antenne.

Macron "responsable de la montée de l'extrême-droite"

Alors que le candidat sera ce samedi en meeting, au Cirque d'Hiver à Paris, il appelle à une manifestation contre l'extrême-droite, à Paris, ce dimanche. Pour le candidat anticapitaliste, une élection de Marine Le Pen devient "crédible" étant donné, notamment "le climat de résignation de la population." Celui qui lutte contre les "fascites" estime qu'il y a de la "confusion" qui entretien et déroule le tapis rouge "aux idées nauséabondes":

"L'apparition de Zemmour fait oublier Le Pen. Zemmour, c'est un discours fascite. C'est un discours très violent. Marine Le Pen, on peut la qualifier aussi de fascite. À force d’attaquer les classes populaires, d’aggraver la pauvreté, le chômage et de s’attaquer aux étrangers, ça fait le terrain de l’extrême droite. On voit que tout est favorable à ces idées nauséabondes de l’extrême-droite" , estime Philippe Poutou.

Un "danger Macron"

Pour autant, Philippe Poutou n'appellera pas à voter Emmanuel Macron si Marine Le Pen est au second tour. Pour lui, "il y a un danger d’extrême-droite, mais aussi un danger Macron". Le quinquennat qui se termine a été pour le candidat du NPA "cinq ans d'attaques sociales."

"Darmanin, Blanquer ont aussi des idéologies très réactionnaires. La politique autoritaire, de répression systématique du mouvement social de Macron, peut aussi dériver vers un régime fascite. Il y a des menaces sur des droits, il faut qu'on se défende", a martelé celui qui boucle sa troisième campagne présidentielle.

Être devant Hidalgo, une "petite victoire"

Dans le dernier sondage Elabe pour BFMTV, Philippe Poutou est affiché au même score qu'Anne Hidalgo. La situation fait sourire le candidat du NPA, qui estime que s'il finit devant la candidate du PS, "ce sera le petit plaisir de l'élection, malgré un contexte triste."

Il juge que la situation actuelle du Parti socialiste est "le symbole de l'échec et de la destruction de la gauche" et déplore qu'il "un parti politique qui nous permette de nous défendre, nous, les opprimés."

En faveur de "l'indépendance du peuple corse"

Alors que Philippe Poutou avait jugé "légitime" que "cela pète en Corse", il y a quelques semaines, le candidat du NPA a répété sa volonté de voir une autodétermination de la Corse. "On est contre le colonialisme de l'Etat français" a déclaré Philippe Poutou. "Si le peuple corse demande l'indépendance, on est pour l'indépendance", estime le candidat à la présidentielle avant d'expliciter son propos:

"À aucun moment le peuple corse n'a dit 'Je veux être français'. Ne pas reconnaître une histoire et des droits à un peuple, c'est un déni de démocratie. Aujourd'hui, ça pète à juste titre", a-t-il affirmé.

"Exproprier Total"

Face à l'augmentation des prix du carburant, le candidat du NPA appelle à "exproprier Total". Philippe Poutou estime que pour maîtriser la politique énergétique, il faut en "faire un outil public" et donc passer par l'expropriation de la mulitinationale.

"On voit que les gens font des affaires à partir de n'importe quel événement. On a un problème avec l'augmentation des prix", explique-t-il estimant que "l'État (aujourd'hui) est une machine à filer du fric aux plus riches."
https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC