RMC

Grand débat national: C'est un peu la cacophonie

Le gouvernement a affiché mercredi sa détermination à être fin prêt pour lancer la semaine prochaine le "grand débat national" malgré le flou qui demeure sur sa finalité et son organisation après la démission de Chantal Jouanno.

Le "grand débat national" doit débuter la semaine prochaine dans toute la France. Mais beaucoup de points restent à régler. La seule chose qui est certaine, c'est le calendrier. Le gouvernement affirme qu'il sera prêt dans les temps: le grand débat sera bien lancé mardi prochain, assure Matignon. Sauf qu'à ce jour pour le reste, on nage en pleines eaux troubles.

Qui pilotera ce grand débat après le départ de Chantal Jouanno? Mystère. La commission nationale du débat public continuera-t-elle de prendre en charge l'organisation? Rien n'est moins sûr.

Il y a aussi les questions pratiques: qui va organiser sur le terrain les réunions locales? Les maires refusent d'assumer ce rôle. Les citoyens pourront-ils parler de tout? Le gouvernement a déjà fixé des lignes rouges: l'IVG, la peine de mort, le mariage pour tous.

"Aujourd'hui, rien n'est clair"

François Hommeril, le président du syndicat CFE-CGC, s'inquiète de ce flou:

"Je trouve que c'est un peu la cacophonie et c'est dommage, ça peut même être inquiétant. Le grand débat, pourquoi pas? Mais à condition que les choses soient clairement organisées que l'on sache où on va, quels sont les sujets qu'on aborde, dans quelles conditions on les aborde, qui va s'exprimer, comment? Quelles conclusions on va en tirer? Et en quoi ça va changer la vie des gens? Aujourd'hui, rien n'est clair sur ces sujets-là. Je crois qu'il faut que chacun reprenne ses esprits, que chacun se calme. Il faut peut-être faire un peu plus confiance aux institutions".

Il reste trois jours au gouvernement pour revoir sa copie, fixer la méthode, l'organisation, le contenu et dévoiler le dispositif complet lundi, c'est à dire la veille du lancement du grand débat.

Juliette Droz avec Paulina Benavente