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Ils acceptent "la main tendue" par Macron: "ce n'est pas un ralliement, je ne suis pas En Marche!"

Vingt-huit élus LR et UDI, dont des juppéistes et lemairistes, ont jugé lundi que leurs familles politiques "doivent répondre à la main tendue" par Emmanuel Macron, qui vient de nommer Premier ministre Edouard Philippe, issu de leurs rangs.

Trois heures après la nomination d'Edouard Philippe, député-maire Les Républicains du Havre, comme Premier ministre, la digue entre En Marche! et Les Républicains sautait. En effet, à l'initiative de Thierry Solère, 28 élus LR et UDI ont signé ce lundi un appel commun pour "prendre la mesure de la transformation politique qui s'opère" et "répondre à la main tendue" par le nouveau président de la République. Cette nomination "représente un acte politique de portée considérable" et "la droite et le centre doivent prendre la mesure de la transformation politique qui s'opère sous leurs yeux", plaident ces élus, dont Benoist Apparu, Gérald Darmanin, Christian Estrosi, Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore Jean-Louis Borloo.

Parmi les signataires, il y a aussi Fabienne Keller, la sénatrice LR du Bas-Rhin. Et, selon elle, ce sont ses électeurs qui l'ont poussé à signer cet appel: "Quand je leur pose la question de savoir s'il faut s'opposer ou construire avec Emmanuel Macron, 100% des personnes m'ont répondu vouloir avancer plutôt que de rester dans des oppositions dont les Français ne veulent plus". Pour autant, selon ces signataires, cette offre de service à Emmanuel Macron n'est pas un ralliement.

"Personne ne veut des élus qui soient dans une opposition systématique"

"Nous savons très bien où nous sommes: nous sommes à droite et au centre, affirme Fabienne Keller. Nous sommes dans une logique de travail en commun, de construction mais nous restons pleinement nous-mêmes". Et tant pis si certains responsables Les Républicains voient cet appel d'un très mauvais œil. L'ancien ministre Dominique Bussereau, lui aussi signataire, assume son choix: "Je m'en fiche complètement. On peut signer ce que l'on en a envie de signer lorsqu'on aime la politique. Ce n'est pas un ralliement. Je ne suis pas En Marche!. Je cours pour ma famille politique mais je cours de manière ouverte et non pas de manière fermée".

Grégoire de Lasteyrie, maire LR de Palaiseau (Essonne) et ancien directeur de campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet, a lui aussi signé de texte. Il s'en explique: "Aujourd'hui, personne ne veut des élus qui soient dans une opposition systématique. C'est en partie le message que les Français ont envoyé à l'élection présidentielle. Les citoyens veulent d'abord que l'on apporte des solutions, que l'on soit pragmatiques. Je suis un homme de droite, et je reste un homme de droite. Mais la politique, ce n'est pas faire de la poésie, de l'esthétisme. C'est de se demander comment faire en sorte que mes idées peuvent réformer le pays. Et très clairement, ce premier geste du président nous donne les moyens de continuer à réformer".

M.R avec Jean-Baptiste Durand