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Inscription sur les listes électorales: "L'objectif ce n’est pas de faire voter un parti, c’est de faire voter les gens"

A deux jours de la fin des inscriptions sur les listes électorales, une vingtaine de jeunes de Marseille tentent de mobiliser les derniers non-inscrits.

Dans les mairies des grandes agglomérations, c'est le rush: les inscriptions sur les listes électorales dans les dernières semaines représentent 39% du total de 2016.

A Lyon, les inscriptions ont bondi de plus de 30% par rapport à 2011, dernière année pré-présidentielle. Hausse également à Strasbourg, qui attend une progression de 2,5% par rapport à 2011 et de 17% pour le seul mois de décembre. Paris bat même "un record d'inscriptions depuis 1978", selon la mairie. La capitale comptait à la mi-décembre un peu plus de 1,35 million d'inscrits (1,3 million en 1978).

"Lutter contre l’abstention en participant à un concours national"

Face à l'affluence, les villes prennent des mesures pour permettre à tous les retardataires de s'inscrire dans les temps. Et certains s'engagent pour s'assurer qu'un maximum de personnes soient inscrites. Ils sont lycéens ou étudiants, âgés de 17 à 21 ans et ils veulent lutter contre l’abstention en participant à un concours national.

Dans les quartiers nord de Marseille, dans la cité la Busserine, une vingtaine de jeunes sont engagés dans le "challenge citoyen". Une compétition nationale entre une vingtaine de quartiers un peu partout en France.

"65% d'abstention aux dernières municipales, 70% aux régionales"

Le quartier qui aura le plus fait baisser l’abstention au soir du premier tour de la présidentielle se verra offrir les moyens d’organiser un concert d’envergure. Le but: ramener de la citoyenneté et un peu d’animation dans un quartier touché par le trafic de drogue… et par l'abstention: 65% d'abstention aux dernières municipales, 70% aux régionales.

"En ne votant pas, on ne fait pas valoir nos idées"

L’initiative est prise à coeur par ces jeunes. Le porte-à-porte est réglé au millimètre, avec toujours un formulaire sur eux pour l’inscription sur les listes électorales. L’organisation et le discours sont rodés pour une démarche citoyenne et apolitique, assure Batouly. "L’objectif ce n’est pas de faire voter un parti, c’est de faire voter les gens. En ne votant pas, on ne fait pas valoir nos idées".

Mais cette préparation ne suffit pas forcément à ouvrir toutes les portes, même si leurs visages sont connus dans la cité. Il y a de la méfiance, mais pas assez pour dissuader Sara, qui convainc une 27e personne dans la cité. Mais le plus dur reste à venir: transformer les inscrits en votants. Pour ça le collectif citoyen se construit un stand et une réplique d’isoloir pour les mois à venir, comme une piqûre de rappel pour maintenir la pression sur les plus récalcitrants.

Stéphane Bérenger (avec AM)