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Insultes, menaces de mort, dégradations: les députés LREM pris pour cible

En deux semaines, huit parlementaires de la majorité ont vu leurs locaux ciblés. Des actes que la police prend très au sérieux.

Les courriers d'insultes, les menaces de morts et les dégradations, "je commence à avoir l'habitude", avoue fataliste un député marcheur qui a vu la porte de sa permanence emmurée la semaine dernière. "Mon local est au bout d'une cour intérieure, j'ai demandé à mon propriétaire de réparer et de fermer le portail". Un autre a fait installer un rideau de fer devant sa vitrine: "Les assureurs ne veulent plus nous assurer", enchaîne un député, qui, depuis un tag sur un mur de sa maison, avoue vivre la peur au ventre. "Je fais garder mes enfants quand je vais à la permanence", craint-il.

Dans la majorité, plusieurs décrivent un lien de confiance rompu avec la population, "on marche sur des braises, le feu n'est pas éteint". Alors, certains députés ont décidé de faire une croix sur leurs vacances pour arpenter les marchés, tenir des permanences et "tenter de sortir de cette spirale anti-démocratique".

Saccage du local du député LREM de Perpignan

A Perpignan, samedi, six hommes en noirs issus du cortège des "gilets jaunes" ont pris pour cible la permanence du député Romain Grau à coups de raquette de tennis et de marteau, puis tentent d'incendier le local.

La police prend très au sérieux ce saccage dont l'incendie aurait pu mettre en danger des habitants logés au-dessus du local. Plus largement, les forces de l’ordre réfléchissent à la sécurisation de ces lieux emblématiques. Impossible nous dit-on de poster des policiers en permanence devant des locaux d’élus. En revanche, rondes et patrouilles devraient être renforcées. Les jours de manifestation de "gilets jaunes", la police pourrait aussi poster des agents statiques pour protéger les permanences comme c'est le cas au Fouquet's sur les Champs-Elysées par exemple. 

Paul Barcelonne et Jean-Baptiste Bourgeon (avec Paulina Benavente)