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Jacqueline Sauvage renonce à faire appel: "Il y a probablement un bras de fer entre l'exécutif et la justice"

Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari violent a décidé de ne pas faire appel de son maintien en détention. Une décision intervenue malgré une grâce partielle de François Hollande. Pour Eva Darlan, présidente de son comité de soutien, Jacqueline Sauvage est victime de l'acharnement de la justice.

Jacqueline Sauvage reste en prison. Condamnée pour le meurtre de son mari qui la battait, elle a choisi de ne pas faire appel du refus de libération conditionnelle, décidé par le tribunal d'application des peines.

Une décision qui traduit pour Eva Darlan, présidente de son comité de soutien de la lassitude de celle qui est devenu un symbole de la lutte contre la violence faite aux femmes. "Elle est abattue, je crains que ça dure", indique-t-elle sur RMC vendredi. La grâce partielle accordée par François Hollande en janvier dernier lui permettait de formuler cette demande de libération conditionnelle, refusée par la justice.

"La grâce présidentielle n'a fait que lever le verrou de la sûreté, c'est tout", regrette Eva Darlan qui avec le comité de soutien réclame désormais "une grâce totale"

Une médiatisation gênante

Mais la situation actuelle résulte selon elle d'un blocage de la justice, qui n'a pas apprécié l'intervention du chef de l'Etat. "Probablement il y a un bras de fer entre l'exécutif et la justice. L'exécutif n'ordonne pas à la justice et la justice le fait bien sentir", soupçonne la comédienne qui estime également que les juges ont aussi pu sanctionner la médiatisation autour de cette affaire.

"Comment une médiatisation peut gêner le jugement, la parole des juges concernant la vie d'une personne? Ca les a dérangés parce qu'elle était trop médiatisée, mais sans médiatisation il n'y aurait pas eu de grâce partielle non plus", relève Eva Darlan. 

Dans sa décision de maintien en détention, le tribunal d'application des peines de Melun souligne que Jacqueline Sauvage a pu "se cantonner dans un positionnement exclusivement de victime, sans remettre en question son fonctionnement psychique personnel". Des propos qui révoltent Eva Darlan.

"C'est très choquant parce que ça repose simplement sur un ressenti et sur une certaine morale, pas des juges en général, mais de ces juges-là. A partir de quand il y a une échelle de Richter pour le remord? Il faut baisser les yeux? Baisser la tête? Ca me rappelle les mères supérieures dans les institutions de jeunes filles en disant vous n'êtes pas assez repenties", poursuit la comédienne.

Eva Darlan espère désormais que Jacqueline Sauvage "se relève" et renouvelle son appel "mais pour l'instant elle veut simplement terminer sa peine, dans l'anonymat éventuel". 

C. B