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"Je ne suis pas mal à l'aise": Jean-Baptiste Djebbari s'explique sur son départ vers le privé

La société Hopium, qui produit des voitures à hydrogène, a indiqué ce lundi avoir proposé que le futur ex-ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, la rejoigne en tant que membre du conseil d'administration. Une information qui a surpris de par son timing, alors que le ministre était toujours en fonction. Il s'est expliqué dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story.

L’information est tombée ce lundi matin. Alors qu’il était toujours ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari a été annoncé quittant le gouvernement pour retourner à la vie privée. C’est la start-up Hopium, qui produit des voitures à hydrogène, qui a indiqué dans un communiqué que le ministre allait rejoindre ses rangs.

"Hopium annonce aujourd'hui le renforcement de sa gouvernance, avec la proposition de Jean-Baptiste Djebbari en qualité d'administrateur", ont-ils indiqué.

Une annonce qui a provoqué certaines réactions, à la fois quant au timing de cette annonce, mais aussi quant à la proximité potentielle entre le poste de Jean-Baptiste Djebbari au gouvernement et l’activité de Hopium. Et donc le risque de conflit d'intérêts. Invité d'"Apolline Matin" sur RMC et RMC Story ce mardi matin, le futur ex-ministre s’est expliqué.

"Légalement, l'entreprise doit communiquer 35 jours avant la prochaine assemblée générale, qui aura lieu le 20 juin avant, et il se trouve que ça coïncidait avec la date du remaniement qui avait pris quelques jours de retard”, indique Jean-Baptiste Djebbari.

"Cette demande, je l’ai faite le 31 janvier"

Jean-Baptiste Djebbari, qui a également suivi dernièrement une formation (MBA) à l'Ecole Polytechnique, précise que les discussions sont engagées depuis déjà plusieurs mois. "Les conflits d'intérêts sont très regardés dans la politique. Quand vous envisagez un retour dans le privé, vous sollicitez la Haute autorité de la transparence pour la vie publique, qui va vérifier que les règles qu’elle a édité vont être respectées. Et donc moi, j’ai été auditionné devant 22 membres d’un collège, j’ai présenté un projet. Cette demande, je l’ai faite le 31 janvier dernier quand l’entreprise m’a sollicitée. Je leur ai dit que le projet m'intéressait, mais que je devais passer par la Haute autorité de la transparence pour la vie publique et j’ai été auditionné en mars”, détaille-t-il.

"Je ne suis pas mal à l'aise, assure Jean-Baptiste Djebbari. J'étais pleinement au travail dans mon travail de ministre, je n'ai absolument aucun problème et aucun état d'âme, j'ai été totalement respectueux de mon mandat. J'ai fait les choses dans les règles."

Son sucesseur? "Je n'en sais rien"

Pour Jean-Baptiste Djebbari, l’aventure politique prend donc fin alors qu’il venait justement de la “société civile” chère à Emmanuel Macron.

“Je faisais partie de cette génération qui s’est engagée avec Emmanuel Macron en 2017. J’ai eu la chance d’être député pendant un peu plus de deux ans et membre du gouvernement pendant trois ans. Et puis effectivement, quand vous êtes au gouvernement, vous êtes tout à fait libre de retourner dans le privé sous réserve de respecter certaines règles et c’est ce que je vais faire”, a-t-il assuré.

Il n’a en revanche donné aucun indice sur l’identité de celui ou celle qui lui succéderait. “Je n’en sais rien et ça ne m’appartient pas. J’ai adoré ce que j’ai fait. J’ai fait de la politique pendant cinq ans, et j’ai adoré la fonction ministérielle”, a-t-il insisté.

Guillaume Descours