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"Je voterai blanc": la candidate du Pas-de-Calais persiste après le coup de pression de Guérini

EXCLU RMC. Eliminée au premier tour des élections législatives, dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, la candidate d’Ensemble Alexandrine Pintus maintient qu’elle votera blanc malgré le coup de pression de Stanislas Guérini, le ministre de la Transformation et de la Fonction Publiques, délégué général d’En Marche.

Alexandrine Pintus ne cède pas à la pression. Et votera blanc au second tour des élections législatives, face à la patronne du RN et à la représentante de la Nupes. Candidate pour "Ensemble", dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, elle a été éliminée au premier tour ce dimanche (12,32%). Marine Le Pen (RN) et Marine Tondelier (Nupes) sont arrivées en tête, avec respectivement 53,96% et 23,43% des voix. Après qu’elle a annoncé dans un communiqué qu’elle voterait blanc au second tour, Stanislas Guérini, le ministre de Transformation et de la Fonction Publiques et délégué général d’En Marche, a tranché dans un tweet ce lundi midi: "Soyons très clairs : pas une voix pour le RN. Face à Marine Le Pen, j’appelle à voter Marine Tondelier au second tour des élections législatives".

"Je maintiens mon vote blanc, explique Alexandrine Pintus au micro de RMC ce lundi. "J’ai toujours combattu le Rassemblement national. Et même là, j’ai mené une campagne contre le Rassemblement national. Mon affiche et tous mes tracts le démontrent. Mais on ne peut pas tout se permettre parce qu’on est face à Marine Le Pen. Marine Tondelier n’a pas eu un comportement républicain, c’est ce que je déplore. Dans mon communiqué, je dis bien que chacun doit faire son devoir démocratique et aller voter, parce que je déplore les 57% d’abstention et que moi personnellement, je voterai blanc par rapport à ce qui nous est arrivé, à moi et à mon équipe, durant cette campagne."

"Ce que je reproche à Marine Tondelier, c’est de ne pas avoir eu un comportement républicain. J’ai reçu énormément d’insultes, j’en ai parlé avec elle et elle n’a pas condamné, ajoute la candidate Ensemble. Quand on reçoit des menaces sur les réseaux sociaux et qu’on appelle à me guillotiner, je ne peux pas faire autrement que voter blanc. Elle assure que les insultes venaient "des soutiens qui étaient avec elle (Marine Tondelier), sur les marchés, qui tractaient à ses côtés, qui figurent sur ses photos": "Ils ne faisaient peut-être pas partie de son équipe de campagne, mais en tout cas de soutien". Des comportements qu’elle subit "autant de la part du Rassemblement national que de la Nupes" dans la cette circonscription.

"J’appelle bien sûr à faire barrage au Front national dans les autres circonscriptions"

Alexandrine Pintus a-t-elle eu directement la consigne de voter contre Marine Le Pen et pour Marine Tondelier ? "Je ne répondrai pas sur les discussions que j’ai pu avoir, c’est de l’interne au parti, explique-t-elle en réaffirmant son engagement contre le RN. Je ne commenterai pas ce genre de choses. J’ai toujours dit que je ne ferai pas de la politique politicienne et je n’en ferai pas aujourd’hui. J’ai toujours combattu le RN, j’ai toujours combattu les idées extrémistes, de l’extrême droite et de l’extrême gauche. Ça fait des années que je combats ici. Si moi je ne combats pas Marine Le Pen, personne ne la combat. Je suis ici pour la combattre. Je l’ai toujours fait, je suis toujours là contre elle. J’en ai pris des coups. Mais là, le déferlement aujourd’hui… Je ne peux même plus ouvrir mon Twitter parce que Marine Tondelier a interprété mon communiqué en disant que j’appelais à voter blanc, alors que ce n’est pas le cas."

"J’appelle bien sûr à faire barrage au Front national dans les autres circonscriptions, conclut Alexandrine Pintus. Je parle de mon cas personnel, de ce que j’ai vécu avec mon équipe. Ne serait-ce que pour mon équipe, je ne peux que voter blanc."

La réponse de Marine Tondelier, candidate Nupes dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, à Alexandrine Pintus: 
"La réaction d’Alexandrine Pintus, que je n’ai jamais attaquée ni même citée de toute la campagne mais qui a passé la sienne à nous calomnier, est incompréhensible, y compris pour son parti et ses soutiens nationaux mais aussi locaux qui en sont très embarrassés. A la première vidéo diffamatoire qu’elle a publiée pendant la campagne contre ma suppléante et moi (sans avoir cherché à me contacter), je suis allée à sa rencontre sur le marché pour essayer d’en discuter. J’ai rapidement constaté l’impasse. Elle a continué ensuite à tenter de provoquer des réactions de ma part jour après jour, évoquant par exemple dans une story 'deux Marine politichiennes', etc. Ma suppléante a dû déposer une plainte et lui envoyer une mise en demeure. Elle a redoublé de violences à notre égard depuis le soir de son élimination au 1er tour. J’en prends acte. J’ai toujours condamné la violence sur les réseaux sociaux d’où d’où qu’elle vienne. Je continuerai à le faire. Les trolls sont légions sur les réseaux sociaux et on le sait ciblent beaucoup - mais pas que - les politiques et surtout les jeunes femmes. Je suis bien placée pour le savoir. L’équipe avec laquelle je travaille dans cette circonscription complexe sait que j’ai fait une campagne propre et que c’est important à mes yeux. Mais je ne suis pas responsable des électrons libres que je ne connais même pas. Je suis par contre opposante au RN depuis plus de dix ans, sur ce territoire qui m’a vue naître et grandir. C’est ce qui a fondé mon engagement politique. Mon histoire parle pour moi. Donc non, je n’accepte pas d’être mise sur le même pied d‘égalité qu’eux par une candidate qui manifestement cherche des excuses pour ne pas faire barrage, comme nous l’avons fait sans pudeur de gazelle pour son candidat à la présidentielle. La campagne du 2e tour a commencé. C’est la dessus que je veux me concentrer. Sur notre projet, ce territoire, ses habitants."
(Propos recueillis par Hélène Terzian)

LP avec Hélène Terzian