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La Nupes se divise sur la question d'une motion de censure à chaque 49-3

Après deux motions de censures déposées la semaine dernière, la Nupes se pose de savoir s'il faut déposer une motion de censure à chaque utilisation de l'article 49-3 du gouvernement. Une question qui ne fait pas consensus au sein de l'alliance de gauche.

Cette nuit, un nouveau 49-3 a été dégainé par le gouvernement, cette fois sur le budget de la sécurité sociale. Mais les oppositions comptent-elles encore déposer une motion de censure ? La réponse est loin d’être évidente.

À la Nupes par exemple, il n'y a pas de consensus au sein groupe. En réalité, deux thèses s’opposent. Avec d’un côté, le groupe des Insoumis. Pour la France insoumise, il faut qu'à chaque 49-3 dégainé, il y ait systématiquement une motion de censure déposée. Or il pourrait y avoir encore quatre autres 49-3 soit cinq nouvelles motions.

Pression insoumise

Sauf qu'écologistes, communistes et socialistes, ne sont pas d’accord. Un député communiste explique que "multiplier les motions c’est le risque de nous affaiblir parce que ça n’aboutit pas. Et ça conforte le gouvernement sur l’image de la Nupes, c'est-à-dire celle d'une agitation inconséquente". Même ligne chez les écolos qui ne veulent pas banaliser la motion de censure: "c’est un acte fort qui doit le rester".

Sauf que LFI fait pression sur les autres pour déposer des motions communes. Mercredi, un élu insoumis a envoyé un message dans la boucle WhatsApp de l’intergroupe pour convaincre PCF, PS et écolos de leur stratégie: déposer systématiquement une nouvelle motion. Leur argument, c’est "qu’il ne faut pas baisser la garde". De toutes façons, quoi que décideront leurs alliés, ils déposeront leurs motions de leur côté. Communistes, Socialistes et écologistes eux préfèrent déposer une seule autre motion, une fois que le texte sur le budget de la Sécurité sociale aura terminé sa navette parlementaire entre le Sénat et l'Assemblée nationale.

"Le baiser de la mort"

Les groupes de l’alliance de gauche refusent de voir cela comme un début de fissure au sein de la Nupes. Même si le chef de file des députés communistes, André Chassaigne, est loin d’être tendre avec les Insoumis, il veut éviter tout morcellement. Selon lui, "briser la Nupes, ce serait une catastrophe politique". Surtout, il alerte sur le risque de mettre le RN au centre du jeu.

Le revirement de Marine Le Pen qui a voté la motion de censure de la Nupes, André Chassaigne l’a considéré comme "le baiser de la mort". Boris Vallaud, patron des socialistes, l'a pris, de son côté, comme "un coup de poing dans le ventre", un traumatisme qui les pousse aussi peut-être à ne pas multiplier les motions de censure pour ne pas se voir à nouveau associé au RN. De son côté, le communiste André Chassaigne refuse de le voir comme ça: "on ne veut pas être scotché au RN, ce n’est pas une boussole".

Hélène Terzian et le service politique de RMC avec Maxime Martinez