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La France « à genoux » si Hollande gagne ?

Nicolas Sarkozy affirme qu'une victoire de François Hollande mettrait la France « à genoux », comme l'Espagne et la Grèce.

Nicolas Sarkozy affirme qu'une victoire de François Hollande mettrait la France « à genoux », comme l'Espagne et la Grèce. - -

A J-10 de la Présidentielle, Nicolas Sarkozy brandit le spectre d'attaques spéculatives contre l'euro en cas de victoire de François Hollande, donné favori dans les sondages au 2e tour. Les marchés redoutent-ils une arrivée de la gauche au pouvoir ? Côté économistes, les avis sont partagés…

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Selon l'UMP, une victoire de la gauche à l'élection présidentielle affolerait les marchés et ferait plonger le pays, comme l'Espagne et la Grèce. A 10 jours du premier tour, la crise de la dette s’invite à nouveau dans la campagne présidentielle. Hier mercredi, Nicolas Sarkozy a brandi le spectre d'attaques spéculatives contre l'euro en cas de victoire de François Hollande, qui fait figure de favori dans les intentions de vote pour le deuxième tour. Le président-candidat a affirmé qu'une victoire du socialiste mettrait la France « à genoux » : « En 1981, il a fallu deux ans pour que tout s'arrête et tout se retourne. En 2012, il faudrait deux jours, c'est ça la vérité », a-t-il lancé.
François Hollande a immédiatement expliqué que la perte du triple A de la France, dégradée en janvier, était du fait de la droite : « C'est à cause d'une gestion que nous connaissons, des déficits qui se sont accumulés », a ajouté le candidat socialiste.

« Les marchés détestent l’incertitude »

Les marchés redoutent-ils une arrivée de la gauche au pouvoir ? Pour Frédéric Bonnevay, économiste associé chez Anthera Partners (groupe d’analyse et de services financiers européen), « cette crainte est sérieuse. D’une part, ils craignent un changement, dans l’absolu, à la tête du pays – on a bien vu que ça a été sanctionné, à terme, en Italie et en Espagne. Le changement de direction sera nécessairement une source d’incertitude supplémentaire ; or les marchés détestent l’incertitude. Et deuxièmement, le programme de l’opposition actuelle prévoit, non pas une baisse nette des dépenses publiques, mais au contraire un rééquilibrage et un changement de composition de ces dépenses ; et clairement, l’administration actuelle a la faveur des marchés, de ce point de vue ».

« Hollande est beaucoup plus modéré que les précédents candidats de gauche »

De son côté, l’économiste Antoine Brunet, président de la société AB Marchés (analyse de la conjoncture et des marchés), rassure : « Je pense que dans la mesure où les sondages au 2e tour donnent monsieur Hollande gagnant, les marchés anticipent M. Hollande. Et il est beaucoup plus modéré qu’ont pu l’être les autres candidats de gauche auparavant. Pour un candidat de gauche, on ne peut pas dire qu’il s’agisse d’un programme extrêmement audacieux. En 1981, il y avait la proposition des nationalisations, celle des ministres communistes ; évidemment rien de ça n’est présent derrière la candidature de M. Hollande. Une chute de 30%, comme en 1981, me paraît impossible aujourd’hui ».

La Rédaction, avec Christophe Ponzio