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Le favori Hollande au défi de prendre l'avantage dès dimanche

L'ambition affichée de François Hollande à l'approche d'un 22 avril où les indécis auront le dernier mot dans les urnes est de "faire le meilleur score possible" au premier tour pour lancer la dynamique qui permettra de l'emporter au second. /Photo prise

L'ambition affichée de François Hollande à l'approche d'un 22 avril où les indécis auront le dernier mot dans les urnes est de "faire le meilleur score possible" au premier tour pour lancer la dynamique qui permettra de l'emporter au second. /Photo prise - -

"Faire le meilleur score possible" au premier tour pour lancer la dynamique qui permettra de l'emporter au second, telle est l'ambition affichée de François Hollande à l'approche d'un 22 avril où les indécis auront le dernier mot dans les urnes.

Une formule également valable pour son principal adversaire Nicolas Sarkozy, qui conserve toutefois dans les sondages un fort handicap par rapport au candidat socialiste au second tour, au point d'obliger ce dernier à prévenir ses troupes contre toute "euphorie" prématurée.

Arriver en tête dimanche n'est pas forcément le but, explique-t-on dans le camp Hollande, où l'on rappelle que François Mitterrand avait été battu en 1974 malgré une position de leader au premier tour, et l'avait emporté en 1981 après avoir été devancé par Valéry Giscard d'Estaing deux semaines plus tôt.

"Vous partez avec un handicap ou un avantage. Le premier tour n'est pas un examen de passage, pas une qualification, il donne un avantage, une dynamique, ou pas", dit un responsable.

L'écart entre les deux premiers prétendants à l'Elysée aura son importance. En 2002, les six points qui séparaient Nicolas Sarkozy de Ségolène Royal (31,18% contre 25,87%) ont compliqué la tâche de la socialiste en l'absence de prise de position du "troisième homme" d'alors, le centriste François Bayrou (18,57).

En 2012, les potentiels "faiseurs de roi" sont nombreux : le candidat du MoDem, celui du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon et la candidate du Front national Marine Le Pen,

"Il y a un électorat volatil qui au dernier moment abandonnera le troisième homme", espère-t-on chez Hollande.

MÉLENCHON ET JOLY "DEVRONT PARLER"

Ces dernières semaines, le socialiste s'est évertué à minimiser la potentielle menace du "phénomène" Mélenchon, dont le positionnement à gauche toute laisse peu de doute sur les reports de voix en faveur de François Hollande le 6 mai.

"Jean-Luc Mélenchon a été utile en séduisant une partie des électeurs tentée par l'abstention ou le vote Front national. Il aura peut-être contribué à faire plafonner Le Pen", dit-on dans l'équipe du prétendant socialiste.

Au soir du premier tour, le candidat du Front de gauche, comme celle d'Europe Ecologie-Les Verts, Eva Joly, "devront parler", ajoute-t-on. Des prises de positions qui auront de l'importance jusqu'aux législatives.

Le succès du meeting de dimanche dernier à Vincennes et la ferveur populaire, longtemps attendue, ressentie lors de récents déplacements à Creil (Essonne), Chelles (Seine-et-Marne) ou Albi (Tarn) ne saurait toutefois être un signe tangible.

"Réunir des foules, ça n'indique pas un résultat au niveau du vote", soulignait François Hollande lundi dans le Tarn. "Entre des militants impliqués et des Français qui peuvent être plus distants, il y a un écart. Nous verrons dimanche".

En campagne "jusqu'au bout", François Hollande n'a pas fait le plein mardi pour son grand meeting de Lille, où il était entouré de la plupart des membres de son potentiel futur gouvernement. Il sera ce jeudi à Bordeaux, vendredi dans les Ardennes et en Haute-Marne avant d'aller voter dimanche à Tulle, en Corrèze.

Jusqu'au bout aussi, le candidat socialiste aura à tempérer les ardeurs de ses proches impatients d'être au pouvoir, au risque d'agacer les électeurs en se distribuant déjà certains postes, comme la presse s'en est fait l'écho.

Entamée dès dimanche soir, la campagne de second tour aura "une intensité décuplée", prédit un porte-parole du candidat, Bernard Cazeneuve.

LES FOULES SE LÈVENT

"C'est entre les deux tours que les foules se lèvent, que quelque chose va se passer, pour l'un ou pour l'autre", confiait la semaine dernière François Hollande, prenant pour exemple le meeting de Ségolène Royal du stade Charléty en 2007.

Des meetings sont d'ores et déjà prévus le 27 avril à Limoges, le 1er mai à Nevers et le 3 mai à Toulouse.

François Hollande, qui vient d'engranger les soutiens d'anciens protégés de Nicolas Sarkozy, comme Martin Hirsch ou Fadela Amara, a consacré toute la dernière partie de sa campagne à mobiliser sur son projet et contre l'abstention.

Si le scénario annoncé d'un duel Hollande-Sarkozy est confirmé par les urnes, la bataille entre le socialiste, qui aime répéter que "tous ceux qui l'ont sous-estimé ont perdu", et Nicolas Sarkozy, animal politique, s'apparentera à "un combat de sumos", selon la formule du socialiste Henri Emmanuelli.

François Hollande n'a aucune intention de débattre à deux reprises avec son adversaire, comme ce dernier le souhaite, pas plus qu'avec un outsider, comme Ségolène Royal avait accepté de le faire en 2007 avec François Bayrou.

"Il ne faut surtout pas être obsédé et se libérer de l'adversaire", dit François Hollande, qui cultive les divergences de personnalité avec le président sortant, un homme qu'il dit "hanté par lui-même".

Edité par Yves Clarisse

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