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Le ministre de l'Education Pap Ndiaye, discret mais efficace ?

Le ministre de l'Éducation, Pap Ndiaye, assistera ce lundi à un Conseil national de la refondation, en compagnie d'Emmanuel Macron. Une réunion où il devrait encore une fois se montrait discret. Une discrétion qui agace parfois au sein de l'exécutif où certains lui reprochent une certaine absence.

Le président de la République, Emmanuel Macron, assistera ce lundi soir à un Conseil national de la Refondation à Aix-en-Provence. Un CNR consacré à l’Éducation. Le ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, sera là même s’il est est pourtant loin de chercher la lumière.

La séquence de ce lundi ne devrait pas trop le déstabiliser. Quand le Président est là, il est en première ligne, et les ministres s’expriment peu. Pap Ndiaye échangera, bien sûr, avec les enseignants, les syndicats, les parents d’élèves présents. Mais à huis clos. C’est ça, la méthode Pap Ndiaye. Son leitmotiv? “Construire avec la communauté éducative”, nous dit son entourage. Entendez, sans faire trop de bruit. Et ça semble marcher. Pour les syndicats, “la relation est fluide”. Il “amène de l’apaisement à l’école”, nous dit un député Renaissance. Même à Matignon, on salue “son boulot de fond énorme”, pas forcément visible.

Mais certains au sein de l’exécutif le trouvent presque absent. Un ministre va même jusqu’à regretter un manque d’énergie. Il ne le juge pas assez offensif sur les questions de laïcité à l’école. “Quand un prof se fait embêter”, dit-il, “il faut aller dans l’école avec des caméras et des micros”. Réplique chez Pap Ndiaye, sur la méthode d'abord. "Il est soucieux de la qualité de sa parole et de sa pertinence. Certains ministres cherchent d'abord l'exposition médiatique et réfléchissent ensuite à ce qu'ils vont dire". Or, lui ne vient pas du sérail politique.

Plus de dialogue

Ce qui est sûr, c’est qu’il rompt avec la méthode Jean-Michel Blanquer. “C’est le retour du dialogue”, disent des syndicats qui n’ont plus le sentiment je cite “de se faire engueuler par le cabinet du ministère”. Un député de la majorité estime qu’il “regagne peu à peu la confiance des enseignants” qui aurait donc été perdue par le ministre précédent. Et puis sur la question de la laïcité qui était l’un des crédos de Jean-Michel Blanquer: “Aucune complaisance”, insiste-t-on dans l’entourage de Pap Ndiaye. “Sa boussole a toujours été d’être laïque”.

On explique simplement qu’il “ne veut pas en faire son marqueur politique. Ce n’est pas l’alpha et l’oméga de l’école”. Dans son entourage, on se satisfait d’ailleurs qu’un “comité interministériel sur la laïcité” soit organisé vendredi à l’occasion de la journée de la laïcité. Preuve que la focale ne doit pas seulement être mise sur l’école.

Hélène Terzian