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Marine Le Pen réclame les mises à l'écart d'Alexis Kohler et Eric Dupond-Moretti... et étrille Pap Ndiaye

Invitée de RMC et BFMTV ce mardi matin, Marine Le Pen a appelé Emmanuel Macron à écarter de leurs postes Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, et Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice, qui sont mis en examen dans deux affaires distinctes. Pap Ndiaye, le ministre de l'Education nationale, est également dans le viseur de la députée RN.

Le gouvernement a connu un début de semaine compliqué. Lundi après-midi, le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, l'un des plus proches collaborateurs d'Emmanuel Macron, a été mis en examen pour prise illégale d'intérêts.

Le numéro 2 de l'Elysée est soupçonné de conflit d'intérêts en ayant pris des décisions en faveur de l'entreprise MSC, fondée et dirigée par des cousins de sa mère, alors qu'il siégeait au conseil d'administration de STX France comme représentant de l'Etat et dont MSC était le principal client.

Plus tôt dans la journée, c'est la Cour de justice de la République qui a ordonné un procès contre Eric Dupond-Moretti, accusé d'avoir profité de sa fonction de ministre de la Justice pour régler des comptes avec des magistrats auxquels il s'était opposé quand il était avocat.

Alexis Kohler "ne devrait plus être à ce poste"

Sur RMC et BFMTV ce mardi, la cheffe de file du Rassemblement national Marine Le Pen et principale figure d'opposition a estimé que les deux personnalités ne devraient plus exercer leurs fonctions. "Alexis Kohler, c'est un personnage très important et très puissant de la République. Mais c'est la responsabilité d'Emmanuel Macron: veut-il garder à ses côtés à un poste aussi sensible une personne suspectée de conflits d'intérêt ou non? Je pense qu'Alexis Kohler ne devrait plus être à ce poste", a-t-elle assuré.

"Emmanuel Macron n'a eu de cesse d'être entouré de problématiques de conflits d'intérêts. C'est le problème du pantouflage. Il y a des hauts-fonctionnaires dont la formation est financée par la France qui vont dans le privé puis dans des cabinets ministériels et se retrouvent presque systématiquement avec un risque de conflit d'intérêt. Il faut mettre fin à cela. Au Rassemblement national, nous allons déposer une proposition de loi afin de limiter au maximum ces faits de pantouflages", a plaidé Marine Le Pen.

"La justice doit donner une image irréprochable"

Concernant Eric Dupond-Moretti, Marine Le Pen estime qu'Emmanuel Macron devrait l'éloigner du ministère de la Justice: "C'est un problème d’image de la justice. Le ministre de la Justice est mis en examen, les Français vont finir par avoir une suspicion à l'égard de la justice et on n'a pas le droit".

Mais elle n'a pas appelé à son renvoi, rappelant qu'une mise en examen ne valait pas condamnation. "Si Emmanuel Macron tient vraiment à lui, il devrait le changer de ministère. La justice doit donner une image irréprochable", a plaidé la présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée.

Pap Ndiaye accusé de "vomir sur la France"

Marine Le Pen a un autre membre du gouvernement dans le viseur, pour lequel elle prend moins de pincettes, le ministre de l'Education nationale Pap Ndiaye, qu'elle accuse de "vomir sur la France". "Pap Ndiaye passe sa vie à aller à l'étranger pour vomir sur la France. Nous connaissons ses convictions, il considère qu'il y a un problème racial en France, ce qui est impardonnable. Pap Ndiaye n'est pas en capacité de lutter contre le communautarisme, car il est lui-même communautariste", assure-t-elle.

La présidente du Rassemblement national fait référence à la récente visite de Pap Ndiaye à l'université de Washington lors de laquelle il a estimé que le concept de race restait "très sensible en France". "L’État français est officiellement indifférent à la couleur de peau. C’est une belle idée mais la réalité impose une approche plus concrète et je peux attester du prix à payer quand on ose en parler. Cela ne nous empêchera pas de travailler activement pour développer une culture plus inclusive dans nos écoles", avait assuré le ministre devant des étudiants américains.

Guillaume Dussourt