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Laïcité à l'école: Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur, dénonce la "peur" d'aborder le sujet

Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur de l’Education nationale, auteur il y a plusieurs années d’un rapport sur le sujet de la laïcité à l'école, estime que l'Etat ne va toujours pas assez loin pour protégér les valeurs de la République.

La laïcité, sujet tabou pour l'Education nationale? Le ministère de l'Education a recensé 720 signalements en octobre pour des atteintes à la laïcité, un chiffre plus que doublé par rapport à septembre, avec toujours une forte part des incidents lié au port de tenues religieuses. Le ministre de l'Education Pap Ndiaye a promis la "transparence" sur ces sujets.

Face à cette hausse des atteintes à la laïcité, le ministère prévoit un plan en quatre axes pour renforcer l'accompagnement des chefs d'établissements et mieux les protéger, détaillé dans une circulaire publiée jeudi au Bulletin officiel. Les quatre axes sont: "sanctionner systématiquement et de façon graduée le comportement des élèves portant atteinte à la laïcité lorsqu'il persiste après une phase de dialogue", "renforcer la protection et le soutien aux personnels", "appuyer les chefs d'établissement en cas d'atteinte", "renforcer la formation des personnels et en premier lieu celle des chefs d'établissement".

Une "offensive politique contre la République et ses valeurs", dénnce Jean-Pierre Obin

Cela ne suffit pas selon Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur de l’Education nationale, auteur il y a plusieurs années d’un rapport sur la formation du personnel de l’Éducation nationale à la laïcité. Il estime que cette dernière circulaire du ministre de l'Education nationale n'a pas levé l'ambiguité entre les signes religieux "évidents" et les signes religieux "intentionnels".

"On le voit avec la campagne sur les réseaux pour que les jeunes désobéissent et transgressent les règles des établissements scolaires. Si vous écoutez les influenceurs, sans doute rétribués par des groupes islamistes, ce sont les Frères musulmans qui sont derrière, il n'y a aucune ambiguité sur l'intention politico-religieuse", selon lui.

Jean-Pierre Obin estime que le gouvernement manque d'un "discours très clair" pour dire que l'on serait en face d'une "offensive politique contre la République et ses valeurs".

"On reste sur une ligne extrêmement prudente, que je dirais 'juridiciste', sans rien dire du fond du combat qu'il faut mener", lance-t-il.

Il trouve ainsi qu'il y a une "peur" générale au niveau de l'Education nationale pour aborder le sujet de la laïcité, notamment depuis l'assassinat de Samuel Paty.

J.A.