RMC

Le « one man show » de Sarkozy devant la presse

Les Coulisses de la Politique, de Christophe Jakubyszyn, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC.

Les Coulisses de la Politique, de Christophe Jakubyszyn, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC. - -

Hier mardi soir, le président de la République a présenté ses vœux à la presse à l'Elysée. Un vrai « one man show ». Et on peut le dire sans être particulièrement irrévérencieux. Car Nicolas Sarkozy s’est fait plaisir.

Les vœux du Président hier mardi à la presse, c’était un véritable stand up, en mode séduction-répulsion, miel-vinaigre... A la tribune on a eu le droit à un « one man show ». Par exemple, Nicolas Sarkozy a commencé par expliquer qu’il avait hésité à présenter ses vœux à la presse. Il ne savait pas quoi nous souhaiter : « De la passion, des surprises, des rebondissements, des épreuves, de la force […] De ce point de vue on peut certainement faire un bout de chemin ensemble ». On comprend là, qu’il est candidat.
Ensuite il a flatté la presse, imaginant entre lui et les médias l’histoire d’un « vieux couple » : « Je ne détecte dans notre couple aucun des stigmates annonciateurs d’un divorce. Notre couple est très vivant, mais les catastrophes arrivent quand on ne se parle pas. Je vois bien vos tentatives pour me remplacer, pour voir de nouveaux horizons ».
Toujours en mode « one man show », il s’est montré flatteur, enjôleur, notamment quand il fait le bilan des critiques de la presse à son égard : « On s’apaise et on découvre qu’au fond la seule façon de progresser, c’est d’être critiqué et là franchement… merci [rire de l’auditoire]. J’ai fait des progrès considérables »

A-t-on appris quelque chose hier sur le fond, sur sa campagne par exemple ?

Oui on a compris que le président avait prévu de frapper un grand coup lors de son entrée en campagne. Pour lui, la campagne n’est pas commencée. Les enjeux de la crise imposent selon lui de frapper fort dans quelques semaines : « J’essaierai d’imposer de nouvelles idées, nous avons besoin de nouvelles idées. Jamais dans l’histoire moderne il n’y a eu un moment où ce besoin de nouvelles idées, de nouveaux concepts n’a été aussi important. Tout l’enjeu sera là, toute la bataille se jouera là : où se trouvera le gisement d’idées nouvelles pour notre pays ».
D’ailleurs, le matin, face aux parlementaires, il avait expliqué que le discours de François Hollande n’était rien par rapport à ce que serait le sien « Vous allez voir ce que vous allez voir », avait-il dit.

Et hier, à l’after du spectacle, le Président s’attarde et fait des confidences pendant près d’une heure…

Oui c’est un peu les coulisses de l’Elysée, on était dans la tête du président. Même si là encore il faut évidemment en prendre et en laisser. Car le président dans ces moments de confidences est toujours un acteur. Un artiste qui, par exemple, s’interroge sur ce qui fait qu’il restera ou pas sur scène en 2012. Nicolas Sarkozy m’a parlé par exemple du marathonien marocain Jaouad Gharib, avec qui il avait beaucoup parlé pour comprendre comment on arrivait au sommet. « Le talent, m’a expliqué le président, ce n’est pas le moment de grâce à l’arrivée ou sur scène, pour un violoniste par exemple. Le talent c’est tout le travail, toute la concentration, tout l’entraînement, toute la persévérance pendant des années » pour y arriver. Pour le grand show du 6 mai 2012.
Un président acteur qui pense d’ailleurs d’abord à son public : « 16 millions, vous vous rendez compte ? 16 millions de Français m’ont regardé à la télévision dimanche soir. Autant au début qu’à la fin. Alors qu’il y avait Rennes-Marseille sur Canal+ et Zone interdite sur M6 ». Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le président…

Ecoutez ci-dessous la chronique de Christophe Jakubyszyn, "Les coulisses de la politique" de ce mercredi 1er février à 7h20 :

Christophe Jakubyszyn