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"Le Poutine d'aujourd'hui, pas celui que Marine Le Pen a rencontré" selon Sébastien Chenu

Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine, le Rassemblement national tente de faire oublier sa proximité avec la Russie de Vladimir Poutine. Mais après avoir condamné l'invasion et appelé à l'accueil des réfugiés, Marine Le Pen a presque fait une rechute lundi.

Après avoir soutenu l'intervention russe en Syrie, avoir bénéficié d'un prêt bancaire russe pour feu le FN, avoir rencontré Vladimir Poutine en 2017 et avoir assuré l'admirer "dans une certaine mesure", Marine Le Pen a réussi à effacer une partie de son passé russophile et sa proximité avec Moscou.

Ainsi, la présidente du Rassemblement national, candidate à l'élection présidentielle, s'est empressée de condamner l'invasion, tout en se disant opposée aux mesures économiques d'ampleur prises par de nombreux pays européens contre Moscou. Mais elle a vite plaidé pour l'accueil des réfugiés ukrainiens, contrairement à Eric Zemmour. Et mardi, si elle a assuré ne pas avoir "d'admiration particulière" pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ajoutant qu'elle n'assisterait pas à son discours à l'Assemblée nationale prévu mercredi, elle s'est empressée de se raviser.

Car la guerre en Ukraine semble peser sur les sondages. La députée est pour l'instant créditée de 20% des intentions de vote au premier tour, juste derrière Emmanuel Macron. Mais surtout, l'écart avec Eric Zemmour, l'autre candidat d'extrême-droite, s'est transformé en fossé depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février. L'ancien polémiste, plusieurs fois condamné pour incitation à la haine raciale, est crédité de 10% des intentions de vote dans un sondage Elabe pour BFMTV.

"Poutine est devenu aujourd'hui un autocrate guerrier effrayant"

"Marine Le Pen considère, comme le général De Gaulle le disait, que les Etats ont des relations entre eux donc on parle aux leaders du monde", a défendu ce mardi sur RMC Sébastien Chenu, le porte-parole de la campagne de Marine Le Pen. "Demain, il y aura l'après-Poutine et on parlera au leader russe. Et si vous pensez qu'il sera un démocrate ou un républicain bien gentil, vous serez peut-être déçu", a-t-il lancé face à Apolline de Malherbe.

"Le Poutine d'aujourd'hui n'est pas celui que Marine Le Pen avait rencontré. A l'époque, c'était quelqu'un qui pouvait nous aider à lutter contre l'islamisme. Mais Poutine est devenu aujourd'hui un autocrate guerrier effrayant qui a déclenché une guerre que nous condamnons et qui force l'admiration de Jean-Luc Mélenchon", ajoute-t-il.

Une nouvelle version de Vladimir Poutine qui par miroir "nous fait susciter de l'admiration pour Zelensky qui est courageux", poursuit Sébastien Chenu, avant de comparer le président ukrainien en guerre à d'autres chefs d'Etat. "Quand Marine Le Pen dit qu'il ne faut pas être ébahi par lui, c'est parce qu'on n'est tellement pas habitué à avoir des chefs d'Etat qui défendent leur peuple, ce que fait Zelensky, et ça vaut un coup de chapeau de la France".

G.D.