RMC

Loi immigration: le gouvernement veut un nouveau titre de séjour pour les métiers de la santé

Le projet de loi sur l’immigration va s’attarder sur la problématique des titres de séjour pour les métiers considérés comme étant en tension par manque de personnel. Pour le secteur de la santé, les immigrants pourront bénéficier d’une carte "talent-professions médicales et pharmacie".

Les premiers grands détails du projet de loi sur l’immigration sont enfin connus. Le Figaro a pu obtenir le document définitif du texte qui sera soumis au vote du Parlement en 2023.

Ce projet, qui doit auparavant être présenté en janvier en Conseil des ministres, comporte au total 25 articles. Et parmi ceux-ci, l’article 7 tentera de résoudre, en partie du moins, les difficultés inhérentes aux tensions régnant depuis des années dans le secteur de la santé.

Pour y arriver, le gouvernement souhaite instaurer une carte de séjour spéciale pour les travailleurs de ce secteur. Et ce titre détient même un nom: la carte "talent-professions médicales et pharmacie". Selon le document obtenu par Le Figaro, elle serait destinée aux médecins, sages-femmes, chirurgiens-dentistes et pharmaciens... et à leurs familles.

Pour ces immigrants spécialisés dans le monde de la santé, il faudra toutefois remplir certaines conditions pour obtenir le sésame. Le demandeur de titre de séjour devra notamment être recruté par un établissement de santé, qu’il soit public ou privé. Aussi, il lui sera demandé de valider des épreuves de vérification des connaissances professionnelles.

Les professionnels peu convaincus par la mesure

Aujourd’hui, des travailleurs étrangers de la santé exercent d’ores et déjà en France. Toutefois, l’exécutif veut faciliter l’arrivée de soignants étrangers en France qui n’ont pas toujours le titre adapté pour exercer dans le pays. Le gouvernement souhaite améliorer "la lisibilité et l'attractivité de leur droit de séjour" grâce à ce nouveau texte. Mais la mesure ne semble pas convaincre le secteur.

“On va aller chercher la main d'œuvre à l’étranger, dans des pays qui en ont également besoin, en validant leur expérience alors que l’on sait que parfois, malheureusement, les formations ne sont pas au niveau de celles proposées en France”, avance le Dr Jérôme Marty, président de l'Union française de la médecine libre.

Il pense que cette mesure “va créer quelques difficultés”. Selon lui, “encore une fois, on va un peu à la va-vite, dans un espèce de néo-colonialisme qui n’est pas très logique”. Le secteur craint aussi une baisse du niveau des soins apportés aux patients.

La décision de chaque dossier reviendra à l'agence régionale de santé (ARS), car c’est elle qui délivrerait ce titre de séjour… Ce document sera d'une durée de validité de 1 à 4 ans.

Caroline Philippe (avec A.L).