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Municipales 2020: la crise "Arjowiggins", le combat d'une vie pour le maire de Bessé-sur-Braye

LES MAIRES FACE À LA CRISE (2\/5) - Jacques Lacoche (UDI), a dû faire face l'année dernière au licenciement de 573 salariés de l'usine du papetier Arjowiggins, une catastrophe pour la commune. Mais le combat pour sauver les "ex-Arjo" n'est pas encore terminé.

A moins de deux mois des élections municipales nous sommes retournés à Bessé-sur-Braye, dans la Sarthe, un an après la liquidation judiciaire du papetier Arjowiggins.

573 salariés licenciés: une catastrophe économique et sociale pour cette commune d'un peu plus de 2.000 habitants. Mais le combat des "ex-Arjo" et du maire, Jacques Lacoche (UDI), n'est pas terminé.

"Quand on se réveille la nuit et qu'on pense à ça, on se demande comment on va s'en sortir..."

Il y a un an, personne n'avait rien vu venir. La fumée s'échappait encore des cheminées. 50 camions sortaient tous les jours de l'usine de papier. Jacques Lacoche était assis dans son bureau quand la nouvelle de la fermeture d'Arjowiggins est tombée.

"Ca a été un coup de massue sur la tête. Une descente aux enfers. Quand on se réveille la nuit - quand on peut dormir - et qu'on pense à ça, on se demande comment on va s'en sortir. Et comment ces pauvres gens vont s'en sortir.
Quand on voit les informations et qu'on voit ce type de drame, on compatit. Mais quand on le vit, c'est pire. C'est un cauchemar."

"Même avant que le couperet tombe, il était avec nous, tout le temps"

Pendant des mois, au côté des salariés, Jacques Lacoche a partagé toutes les batailles. "Il est devenu l'un des nôtres", nous dit Anne, 28 ans de carrière chez "Arjo".

"Même avant que le couperet tombe il était avec nous, tout le temps. A Nanterre au tribunal de commerce, sur les rails quand on a bloqué les trains à Vendôme... Il s'est engagé avec nous. Du début jusqu'à la fin." 

Car depuis, l'usine a fermé. Les salariés ont été licenciés. Mais preuve que le combat n'est pas terminé, les t-shirts de Philippe, Maud, Sébastien sont toujours suspendus sur des cordes à linge le long de la façade.

"28 années... Ca fait mal", souffle Anne. "Mais je ne baisse pas les bras, il faut y croire jusqu'au bout."

"On sent bien bien que le village commence un petit peu à s'éteindre"

Les anciens salariés n'ont pas encore encore déclaré forfait. Ils ont un projet pour redémarrer les machines: fabriquer du papier écolo. Mais il leur manque l'essentiel. "On est angoissés car ce qu'on voudrait voir, c'est un repreneur arriver, encore une fois. Avec des fonds, un investissement. C'est ça le plus important", confie le maire.

"On sent bien bien que le village commence un petit peu à s'éteindre. Les familles qui déménagent... Il faut faire quelque chose et l'on espère que quelqu'un va se dévouer pour que ça revive."

C'est d'ailleurs l'unique raison qui pousse Jacques Lacoche à se représenter.

"Je ne me sens pas indispensable, au contraire. Mais je ne me sens pas non le droit de laisser le bateau au milieu du gué. On ne peut pas perdre espoir, si on perd espoir, on baisse les bras, et ce n'est pas dans ma nature. Ce que j'espère, c'est que ça reparte."

Impossible pour lui d'abandonner en cours de route ceux qui sont devenus, avec le temps, sa famille.

RMC MUNICIPALES 2020

A moins de deux mois des élections municipales, tous les jours, à 6h40 et 8h, jusqu'au premier tour du scrutin le 15 mars, nos reporters sillonnent la France pour vous faire vivre ces élections. Au programme de la semaine, des rencontres avec ces maires qui ont affronté une crise majeure pendant leur mandat.

-LES MAIRES FACE À LA CRISE (1/5) - Le maire de Pessat-Villeneuve face à la crise migratoire

-LES MAIRES FACE À LA CRISE (2/5) - Comment le maire de Bessé-sur-Braye (Sarthe) a géré la crise Arjowiggins

Juliette Droz et Benoît Ballet (avec J.A.)