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Présidentielle: le patron de l'office de l'immigration refusera de "collaborer" avec Le Pen

Didier Leschi, à la tête de l'Offi, l'office français de l'immigration et de l'intégration, a indiqué mardi qu'il refuera de collaborer avec Marine Le Pen en cas d'élection au second tour de l'élection présidentielle dimanche.

"Je ne collaborerai pas" avec Marine Le Pen en cas de victoire de la candidate RN à la présidentielle, prévient mardi le patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), Didier Leschi, fraîchement reconduit à la tête de cette administration.

La règle pour un haut-fonctionnaire, "c'est de servir même si l'administration n'émane pas de son choix civique, qui est protégé par le secret de l'isoloir", explique le préfet Leschi, reconduit en janvier à la tête de l'Ofii, organe sous tutelle du ministère de l'Intérieur chargé d'orchestrer la politique migratoire.

Mais en cas de victoire de Marine Le Pen au second tour le 24 avril, "je ne collaborerai pas", dit à l'AFP Didier Leschi, directeur général de cette administration depuis 2015.

"Ses programmes qui mettent en cause nos valeurs républicaines"

"Je ne pourrai pas collaborer avec une autorité politique dont j'aurai la conviction profonde qu'elle est en rupture avec nos traditions républicaines", insiste l'ancien préfet délégué à l'égalité des chances en Seine-Saint-Denis, 63 ans. "En particulier quand on mène une politique publique qui prend en charge d'abord des situations humaines."

Si Didier Leschi est l'un des rares préfets à se positionner publiquement, le milieu associatif spécialisé dans la prise en charge des exilés appelle plus largement à faire barrage à la candidate du Rassemblement national.

"Jamais le débat public n'a fait autant de place à ses idées et ses programmes qui mettent en cause nos valeurs républicaines, de défense de la démocratie, de liberté, d'égalité et de fraternité", s'est inquiétée l'association France terre d'asile dans un communiqué vendredi, appelant à voter Emmanuel Macron.

Ce "barrage" n'empêchera pas "ensuite de porter nos revendications dans le débat public et de continuer à nous battre pour défendre des politiques d'asile et d'immigration ouvertes, généreuses, fidèles à nos convictions", a défendu l'association opératrice de l'Etat.

La rédaction avec AFP