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Soignants non-vaccinés: LFI a retiré sa proposition de loi reprise par le RN

Caroline Fiat à l'Assemblée nationale (illustration d'archives)

Caroline Fiat à l'Assemblée nationale (illustration d'archives) - THOMAS SAMSON / AFP

Les députés de La France insoumise ont retiré ce mercredi leur proposition de loi visant à réintégrer les soignants non-vaccinés après l’annonce de reprise de ce texte par les députés RN.

La guerre Nupes-RN se poursuit à l’Assemblée. Le Rassemblement national annonçait mardi avoir décidé d’inscrire à l’agenda de sa niche parlementaire du 12 janvier une reprise de la proposition de loi des LFI à propos de la réintégration des soignants non-vaccinés. Face à cela, les insoumis ont finalement choisi de retirer cette proposition de loi.

Cette annonce du RN a en effet mis les députés insoumis dans l’embarras, qui ont toujours refusé de voter un texte proposé par le parti d’extrême-droite.

"Les soignants suspendus n’ont pas vocation à servir les coups de communication du RN", s’est justifié le groupe des députés insoumis dans un communiqué.

Ils ajoutent, par ailleurs, qu’ils déposeront "une nouvelle proposition de loi" sur le sujet, et insistent sur le fait "qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais d’accord" entre eux et le RN.

"Intérêts de boutique" tacle le RN

Le RN, après avoir annoncé reprendre ce texte sans l'accord de LFI, avait toutefois échoué mardi à obtenir que l'un des siens en soit désigné co-rapporteur. La députée LFI Caroline Fiat en restant ainsi l'unique rapporteure, son groupe avait décidé dans un premier temps de le défendre dans le cadre de la niche du RN. "S'ils souhaitent nous laisser la moitié de leur niche, libre à eux", avaient expliqué les insoumis.

Mais cette décision, décriée en interne, a provoqué l'embarras au sein de la Nupes. "Pas ça!", avait réagi sur Twitter l'ex-candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel, tandis que le premier secrétaire du PS Olivier Faure avait appelé LFI à ne pas tomber "dans ce piège à pieds joints".

"Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais d'accord de notre groupe avec l'extrême droite", a insisté mercredi le groupe des déuptés insoumis, dénonçant des "mensonges inacceptables" à ce sujet. "Avec plus de 300 amendements à examiner, il faudrait 15 heures de débat pour aller au bout du texte" et le vote "est donc impossible" dans la niche du RN, a-t-il ajouté.

LFI a donc annoncé retirer "ce texte malheureusement bloqué par l'obstruction gouvernementale" (en novembre). "Nous déposerons une nouvelle proposition de loi, co-signée avec les députés ultramarins de tous les groupes politiques qui le souhaitent", a-t-il poursuivi.

Une décision fortement critiquée par le camp d’en face. "Les insoumis préfèrent leurs intérêts de boutique à ceux des Français…ça en dit long", dénonce le député RN Sébastien Chenu.

M.T. avec AFP