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Une amende de 90 euros, un "stage": ce que propose le rapport contre le harcèlement de rue

Comment lutter efficacement contre le harcèlement de rue? Après cinq mois de travail, des parlementaires remettent ce mercredi leur copie à trois ministres: Marlène Schiappa, Nicole Belloubet et Gérard Collomb. RMC a consulté ce rapport en intégralité.

Agression verbale, comportement ou gestes déplacés: le harcèlement de rue pourrait bientôt être verbalisé, mais pas que. Cinq parlementaires ont été chargés de rédiger un rapport sur le sujet: Sophie Auconie (les Constructifs), Laetitia Avia (LREM), Marietta Karamanli (Nouvelle Gauche), Elise Fajgeles (LREM) et Erwan Balanant (Modem). Durant cinq mois, ils ont tenté de faire le point sur la situation et de répondre à cette question: comment lutter efficacement contre le harcèlement de rue? 

A la manière de la Sécurité routière, les députés misent sur un mélange d'éducation, de pédagogie et de sanction, au long cours, pour faire changer les mentalités et les comportements. 

De 90 à 350 euros d'amende

Ils réclament ainsi la création d'une nouvelle infraction, l'"outrage sexiste et sexuel" dans le cas de gestes déplacés, d'insultes à caractère sexiste et sexuel ou encore de remarques obscènes. Une nouvelle infraction qui serait désormais accompagnée d'une amende immédiate de 90 euros et pourra être majorée à 200 voire 350 euros si le contrevenant tarde à payer. 

L'infraction devra être constatée en flagrance par les agents de la police de proximité du quotidien. Les auteurs souhaitent la mise en place d'une application qui permettent aux victimes de rapporter ces infractions aux forces de l'ordre. Ils proposent également une peine complémentaire, selon la gravité de l'infraction: les auteurs pourraient être obligés de suivre un stage de sensibilisation pour prendre conscience de leur comportement.

"Un stage pour expliquer ce que peut ressentir une victime"

Comme le défend l'un des rapporteurs, Erwan Balanant, député du Finistère:

"Quelqu'un qui se fait attraper en flagrance sur un outrage manifeste, pourquoi on le lui proposerait pas de faire un stage pour simplement lui expliquer ce que peut ressentir une victime. Par exemple, la situation extrêmement désagréable pour une femme de se sentir suivie et de sentir une pression physique. Ce sont des choses qu'on peut ne pas comprendre si on ne vous l'explique pas. La partie contravention et sanction n'est pas l'essentiel à notre sens, c'est faire de la sensibilisation, de la prévention autour de cette question".

Dans cette veine, en amont, les députés proposent de mettre en place des actions de prévention dès le collège: une "éducation" à l'égalité fille-garçon, des échanges avec des professionnels sur les violences sexistes à l'issue de la formation. Les élèves recevraient alors une attestation. 

Juliette Droz et X.A