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Pour Nicolas Hulot, le nucléaire n'est "pas une solution"

Candidat déclaré à l'élection présidentielle de l'an prochain, l'écologiste Nicolas Hulot a, pour la première fois, exprimé clairement lundi son opposition à la politique énergétique française actuelle fondée sur la prépondérance du nucléaire. /Photo d'ar

Candidat déclaré à l'élection présidentielle de l'an prochain, l'écologiste Nicolas Hulot a, pour la première fois, exprimé clairement lundi son opposition à la politique énergétique française actuelle fondée sur la prépondérance du nucléaire. /Photo d'ar - -

STRASBOURG (Reuters) - Candidat déclaré à l'élection présidentielle de l'an prochain, l'écologiste Nicolas Hulot a, pour la première fois, exprimé...

STRASBOURG (Reuters) - Candidat déclaré à l'élection présidentielle de l'an prochain, l'écologiste Nicolas Hulot a, pour la première fois, exprimé clairement lundi son opposition à la politique énergétique française actuelle fondée sur la prépondérance du nucléaire.

L'animateur de télévision a participé avec plus d'un millier d'anti-nucléaires français et allemands à un rassemblement en souvenir des victimes de la catastrophe de Tchernobyl sur le pont de Kehl, à la frontière entre la France et l'Allemagne.

"Je n'ai pas changé d'avis" sur la question du nucléaire, a-t-il assuré lors de cette manifestation, se disant "convaincu que le nucléaire n'est pas une solution aux besoins énergétiques de la planète".

"Je pense qu'avec Fukushima est tombé définitivement le mythe que le nucléaire est une énergie sans risque", a-t-il ajouté.

L'animateur télévisé effectuait sa première sortie depuis l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle le 13 avril. Il n'avait alors pas évoqué le nucléaire dans sa déclaration, un mois presque jour pour jour après le séisme et le tsunami qui ont gravement endommagé la centrale japonaise de Fukushima.

La France, dont près des trois-quarts de la production énergétique provient du nucléaire, devrait diminuer la part issue des centrales, a-t-il expliqué lundi, ajoutant que la fermeture de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France, serait un premier pas en ce sens.

La présence de Nicolas Hulot dans le cortège de lundi a suscité des protestations de certains participants.

"Acheté, acheté", scandaient ainsi des manifestants français à l'attention de l'écologiste, entouré de représentants régionaux d'Europe-Ecologie/Les Verts.

UN CANDIDAT COMME UN AUTRE

Nicolas Hulot est régulièrement critiqué pour ses liens avec la chaîne de télévision TF1 et avec les grandes entreprises sponsors de sa fondation, dont il a récemment démissionné.

"C'est important que des écologistes de portée nationale soient là", a toutefois jugé Marie-Dominique Dreyssé, conseillère municipale (EE-LV) de Strasbourg, estimant qu'il s'agissait d'un candidat comme un autre.

Les manifestants ont jeté des fleurs dans le Rhin avant d'observer une minute de silence en mémoire des victimes de la catastrophe nucléaire survenue il y a tout juste 25 ans.

Quatre autres rassemblements étaient prévus ce lundi sur le Rhin, le nuage radioactif issu de l'explosion de la centrale ukrainienne étant censé s'être arrêté à la frontière entre la France et l'Allemagne, selon les autorités de l'époque.

A Colmar, plusieurs militants anti-nucléaires se relaient à tour de rôle pour jeûner devant la préfecture depuis le 18 avril, lorsqu'a débuté l'inspection du réacteur numéro 2 de la centrale de Fessenheim.

Les deux réacteurs de 900 MW de la centrale alsacienne, mise en service en 1977 et bâtie sur une zone sismique, font actuellement l'objet de leur troisième visite décennale, dont les conclusions doivent permettre une décision sur une prolongation de dix ans de leur fonctionnement.

Le verdict doit être rendu avant le mois de juin pour le premier d'entre eux et en 2012 pour le second.

La ville et la communauté urbaine de Strasbourg, le conseil général du Haut-Rhin (département où la centrale est située), ont voté ces dernières semaines des motions demandant l'arrêt de la plus vieille installation du parc électronucléaire français, souvent avec le soutien d'élus de la majorité.

Aude Gambet, édité par Marc Angrand

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