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Procès d'un Français accusé de préparer des attentats: "On lui a fait signer des aveux mensongers"

Manuel Broustail

Manuel Broustail - Facebook

Manuel Broustail a été arrêté le 6 mars dernier à l'aéroport de Fès, au Maroc. Dans sa valise en soute : des couteaux, une machette, une cagoule noire et une petite bonbonne de gaz. Alors qu'il est jugé ce jeudi à Rabat, RMC a contacté son épouse, Sarah.

Un Français est jugé ce jeudi à Rabat (Maroc). Manuel Broustail a été arrêté le 6 mars dernier à l'aéroport de Fès, avec dans sa valise, en soute, des couteaux, une machette, une cagoule noire et une petite bonbonne de gaz. Cet ancien militaire, converti à l'Islam, avait décollé quelques heures plus tôt de Nantes. Fiché S et assigné à résidence pendant quelques semaines, son départ avait été immédiatement signalé aux autorités marocaines.

"Il m'a été arraché comme un criminel"

Au Maroc, Manuel Broustail, père d'une petite fille de deux ans, venait rejoindre sa femme, française elle aussi. Le couple propriétaire d'une maison comptait s'installer définitivement dans une petite ville près de Fès. Après 13 jours de garde à vue, sans traducteur, Manuel signe des aveux en arabe. Aveux dans lesquels il reconnaît préparer des attentats et être en contact avec une organisation terroriste. Mais, aujourd'hui, Manuel Broustail assure qu'il a signé ces 60 pages sous la contrainte et sans en comprendre le sens. Une version plausible selon un policier français habitué aux méthodes d’interrogatoire marocain que nous avons contacté.

Mais comment justifie-t-il l'arsenal trouvé dans sa valise? Ce sont autant de choses qu'il souhaitait amener avec lui dans sa nouvelle maison, dit-il. Une maison où vit Sarah, sa femme, elle aussi convertie à l'islam. Contactée par RMC, elle se souvient très bien de ce qu'il s'est passé le 6 mars dernier. "J'ai à peine eu le temps de l'embrasser, de le serrer dans mes bras qu'il m'est arraché comme un criminel", assure-t-elle avant d'estimer que les autorités marocaines s'acharnent sur son mari.

Il risque entre 10 et 15 ans de prison

"Il a vécu 13 jours d'interrogatoire. On l'a empêché de dormir pendant deux jours. Il a été frappé au visage, s'indigne-t-elle. Je vous laisse imaginer son état avant de signer un dossier d'une soixantaine de pages, rédigé en arabe. Il n'a ni interprète, ni avocat et on lui dit qu'il s'agit des papiers de la perquisition. A bout de nerfs, mon mari, sans avoir vraiment le choix, signe ce dossier. Il apprendra par la suite que ce sont des aveux mensongers."

Depuis son arrestation, Manuel Broustail est incarcéré, placé à l'isolement dans une cellule minuscule avec une toute petite fenêtre. Il n'a que 45 minutes de sortie autorisée par jour. Après trois mois d'enquête, son procès a donc lieu ce jeudi à Rabat. Il risque entre 10 et 15 ans de prison au Maroc.

Maxime Ricard avec Céline Martelet