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Propos de Macron sur les fonctionnaires: "Un ministre n'est pas libre de ses propos"

Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique.

Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique. - Martin Bureau - AFP

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a défendu le statut des fonctionnaires ce lundi chez Jean-Jacques Bourdin, après les critiques, vendredi, du ministre de l'Économie Emmanuel Macron, qui considère le statut à vie comme anachronique.

C'est peu dire que les propos d'Emmanuel Macron sur l'anachronisme du statut à vie des fonctionnaires ont provoqué des remous au sein de la fonction publique. Si elle n'a pas déterrée la hache de guerre contre son confrère de l'Économie, la ministre de tutelle des fonctionnaires, Marylise Lebranchu, a rappelé ce lundi sur RMC le jeune ministre à ses obligations. "Un ministre n'est pas libre de ses propos, a rappelé la ministre de la Fonction publique chez Jean-Jacques Bourdin. Partout où l'on peut aller, il faut faire attention. C'est un bon ministre de l'économie et on ne touchera pas au statut des fonctionnaires, voilà".

"Beaucoup d'émotion chez les fonctionnaires"

La ministre regrette toutefois le timing de ces propos d'Emmanuel Macron. "Au moment où on fait tout pour améliorer la gestion, les parcours, la mobilité, permettre des carrières plus intéressantes, c'est un propos qui a mis beaucoup d'émotion chez les fonctionnaires et les organisations syndicales. Mais ils savent bien que c'était une phrase lancée pour la réflexion. Et c'est terminé, la page est tournée". Dont acte.

"La fonction publique assure la solidité de la Nation"

Marylise Lebranchu en a ensuite profité pour défendre le statut des fonctionnaires. "La fonction publique est là pour assurer la solidité de la Nation. Grâce à la fonction publique, nous pouvons réformer tout le temps. Pourquoi c'est possible ? Parce que grâce au statut, les fonctionnaires ont des droits et des obligations et que l'employeur public peut changer les définitions et les missions de chacun, y compris l'affectation des agents qui ne sont pas forcément affectés là où ils veulent. Avec un contrat de droit privé ce ne serait pas possible. Ça nous permet de réorganiser l'État tout le temps". Prenant l'exemple des personnels de santé, la ministre estime que "sans le statut, ce serait peut-être des gens qui ne supporteraient plus toutes les difficultés qu'ils ont".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin