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Proto, la nouvelle drogue à la mode: On éclate de rire et on est content

Alors qu'un nouveau spot de prévention aux drogues et autres addictions est diffusé depuis ce lundi au cinéma et à la télévision, RMC s'est intéressée plus particulièrement au protoxyde d'azote, la nouvelle drogue en vogue dans les soirées étudiantes. Explications avec des consommateurs déjà accros au "proto".

Depuis lundi, un nouveau spot de prévention pour prévenir les addictions est diffusé à la télévision. Il évoque les risques de sombrer dans la drogue: échec scolaire, désocialisation, rupture amoureuse... Pour aborder le sujet, RMC a décidé ce mercredi de s'intéresser à la nouvelle drogue à la mode dans les soirées étudiantes: le "proto" pour "protoxyde d'azote". Utilisé en médecine ou en cuisine, ce gaz, inhalé à travers un ballon de baudruche et grâce à un siphon appelé "cracker", provoque une euphorie, mais peut aussi générer des troubles de la santé.

En effet, selon Drogue Infos Service, l'inhalation de ce gaz n'est pas sans conséquences: elle peut entraîner des problèmes respiratoires, de mémoires ou encore des risques d'évanouissement. Si outre-Manche, le phénomène a explosé depuis plusieurs années, il arrive tout juste en France. "C'est super cool, ça détend vachement… Ça ne dure pas longtemps: on éclate de rire et on est content", explique Thomas, consommateur régulier de "proto".

"Ça procure un effet assez euphorisant"

Consommation d'autant plus fréquente que le matériel est peu cher, légal et se trouve dans le commerce: "Ça s'achète sur Internet, sur Amazon notamment. Par exemple, là, je reviens du ski et on a tous fait le plein avec 100 ou 200 cartouches chacun. Moi, je les ai eu pour 27 centimes l'unité". "J'ai déjà essayé, avoue Valérie, 21 ans, étudiante en troisième année de médecine. Pendant une dizaine de secondes, cela procure un effet assez euphorisant. On ne sait pas trop pourquoi mais on rigole tous ensemble, on profite du moment".

Si Justine dit "ne pas considérer cela comme une drogue", Thomas nuance un peu cet avis: "Je pense que c'est une drogue oui. Mais pour ma part, je n'ai jamais ressenti de manque". Si ce gaz ne présente aucun risque de dépendance, il n'est toutefois pas sans danger prévient sur RMC l'addictologue William Lowenstein: "Le gaz en lui-même ne présente pas de danger sur un usage raisonnable. Mais si les gens respirent le respirent sans cesse il y a des risques respiratoires et d'asphyxie ou encore de spasmes et de crise d'épilepsie". Un phénomène à surveiller de près donc d'autant plus qu'en Grande-Bretagne ce gaz aurait déjà causé la mort de 17 personnes.

Maxime Ricard avec Juliette Droz