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Recalés en Master 2, ils portent plainte contre leur université

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Douze étudiants portent plainte contre leurs universités. Selon eux, leurs établissements sont dans l'illégalité en leur refusant l'accès au Master 2. Une procédure rendue possible grâce à un flou juridique: si les facs peuvent théoriquement restreindre l'accès à certains Master 2, le décret d'application n'a jamais été établi.

Coup d'envoi ce mardi matin à Besançon d'une série d'actions en justice menée par des étudiants contre leurs universités. Au total, 12 étudiants ont décidé de déposer un recours contre leurs universités qui auraient - selon eux - illégalement refusé leur entrée en Master 2. Des procédures sont engagées à Paris, Nice, Aix-Marseille et Chambéry.

Pour Cécile, étudiante en psychologie à Chambéry, la décision est tombée comme un couperet: "J'ai eu mon master avec une mention Bien, 14 de moyenne à l'année, 17 à mon mémoire. J'ai seulement reçu une lettre et je n'ai jamais réussi à joindre le secrétariat. Je me retrouve dans le flou".

Un décret jamais publié

Elles et 11 autres étudiants s'appuient sur le code de l'éducation qui stipule que l'accès en master doit être ouvert à "tous les titulaires des diplômes sanctionnant les études de premier cycle". Face à eux, les universités défendent leur droit à la sélection. Un droit basé sur l'arrêté du 25 avril 2002 qui créé le diplôme de master. Il devait être suivi d'un décret qui précise quelles formations sont concernées mais il ne l'a jamais été.

Pour William Martinet est président de l'UNEF, cette sélection n'est pas acceptable: "Ce que nous demandons c'est que toutes les universités aient la responsabilité d'offrir au moins une formation en master pour leur offrir un parcours pédagogique cohérent pour que tous ces jeunes puissent accéder au Bac+5 qui est la meilleure protection contre le chômage".

"En imposant une sélection, on joue le jeu des étudiants"

A l'inverse, pour Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d'université et président de Paris XIII, la sélection est nécessaire pour donner de la valeur à un cursus: "En imposant une sélection dans certains Master 2, on joue le jeu des étudiants en leur garantissant un emploi avec un excellent salaire. Si aujourd'hui, on supprimait toutes les sélections qui existent les très bons Masters ne pourraient plus placer leurs étudiants".

Le 31 juillet, le tribunal administratif de Nantes avait tranché en faveur d’un étudiant de l’université d’Angers qui contestait le refus d’un établissement de le faire accéder au M2 alors qu’il avait validé son master 1. L’université avait justifié cette décision par un "manque de motivation" de l’élève. Elle devra finalement l’inscrire dans le cursus de son choix.