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Réfugiés accueillis au Vatican: "Le pape nous demande de tendre la main aux musulmans"

Jean-François Colosimo, historien des religions, a expliqué ce lundi sur RMC la portée du geste du pape François, qui a accueilli au Vatican trois familles de réfugiés syriens musulmans, à l'issu de sa visite ce samedi de l'île grecque de Lesbos, où affluent les réfugiés.

C'est une façon de "montrer l'exemple". En quittant samedi l'île grecque de Lesbos, où affluent les réfugiés, le pape François, a emmené avec lui trois familles de musulmans syriens, six adultes et six mineurs, qui ont été accueillies au Vatican. Dans l'avion qui le ramenait à Rome, le pape a expliqué qu'il s'agissait d'un "geste humanitaire". Ces douze réfugiés séjourneront avec les deux familles syriennes qui sont déjà dans les deux paroisses du Vatican, après son appel de l'automne à ce que chaque paroisse accueille une famille de migrants. Il a dit n'avoir "pas fait de choix". "Ces trois familles avaient leurs papiers en règle (...), il y avait deux familles chrétiennes mais leurs papiers n'étaient pas prêts".

"Ce pape prêche par l'exemple"

Un geste salué ce lundi chez Jean-Jacques Bourdin par Jean-François Colosimo, historien des religions. "Ce pape prêche par l'exemple. Il nous dit qu'il faut tendre la main aux musulmans, des populations qui ont un sentiment d'abandon. Et pour qu'ils se sentent appartenir à la communauté humaine, il fait un geste d'exception".

Un geste également très politique. "Le souverain pontife adresse un message à la Turquie, à l'Union européenne", dont il critique implicitement la façon de gérer l'afflux de réfugiés. "Il adresse également un message assez dur aux chrétiens crispés et leur dit : vous avez une mission historique, celle de témoigner qu'il y a une seule humanité".

"C'est un pape du sud, qui connaît la misère"

Jean-François Colosimo n'est pas surpris par ce geste du pape François, pour qui le drame des réfugiés est un sujet majeur de son pontificat. "La première fois qu'il va voir des migrants, c'est à Lampedusa, en 2013, trois mois après son élection", rappelle l'historien. "C'est un pape du sud, qui connaît le peuple, la misère. On n'en a pas fini avec lui, c'est un pape d'initiative. Il est prêt à faire péter les murailles derrière lesquelles on se croit à l'abri du problème des réfugiés".

P. G. avec JJ. Bourdin