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Régionales: pourquoi les finances  des Verts sont dans le rouge

Sandrine Rousseau et Emmanuelle Cosse

Sandrine Rousseau et Emmanuelle Cosse - AFP

Europe-Ecologie-Les-Verts a connu des résultats décevants lors du premier tour des élections régionales. Un épisode qui ne risque pas d'améliorer les finances du parti.

C'est une conséquence des résultats du premier tour : les listes qui n'ont pas obtenu les 5% des suffrages doivent rembourser intégralement leur campagne. L'État rembourse en effet les frais de campagne des listes qui ont obtenu plus de 5% des suffrages.

En Nord-Pas-de-Calais-Picardie, la candidate EELV Sandrine Rousseau a obtenu le score de 4.83% des bulletins. Elle doit donc rembourser 350.000 euros de frais de campagne. Comme le parti est déjà dans le rouge, c'est une somme que la tête de liste a emprunté en son nom pour porter son projet.

"Sur les campagnes électorales, lorsque le parti n'a pas d'argent ce qui était notre cas, c'est la tête de liste qui emprunte", explique Sandrine Rousseau. "Il faut que je rembourse 350.000 euros qui sont empruntés à la banque pour faire cette campagne. On fait donc des appels à dons, on appelle tous les soutiens possibles. Il faut discuter avec les fournisseurs avec la banque pour trouver des moyens de rembourser."

Un appel aux dons similaires pourrait être lancé également en Bourgogne-Franche-Comté, puisque là non plus EELV n'a pas atteint les 5%.

Un problème connu de longue date

EELV reconnaissait des difficultés financières en juin dernier et annonçait la vente de son siège de la Chocolaterie. Une vente qui n'a pas encore eu lieu, mais qui reste d'actualité comme l'explique Jean Desessard, sénateur écologiste de Paris et trésorier du parti EELV.

"On est effectivement en difficultés financières au plan national", admet-il. "Au 31 décembre 2015, on sera à 3 millions d'euros de dettes en cours. Il faut trouver un mode de fonctionnement pour financer ces dettes. On envisage de vendre notre local, mais la solidarité, des militants notamment, doit jouer. Quand un petit parti a de bons résultats, tout va bien. Mais lorsqu'on a des déboires électoraux, cela se traduit par des difficultés financières.

Devoir rembourser les frais de campagne est un problème bien connu des petits partis, pas seulement des écologistes.

"Si par exemple la droite gagne Auvergne-Rhône-Alpes, le département de l'Allier qui avait deux conseillers régionaux communistes n'en aura plus, et la Haute-Loire n'en aura plus", souligne André Chassaigne, chef de file du Front de gauche pour les régionales. "Je mesure les difficultés qui seront celles d'organisations politiques qui n'auront plus d'élus et qui, en plus, vont devoir payer des campagnes électorales quand ils ont fait moins de 5%. C'est un problème que l'on connaît depuis très longtemps. Mais c'est dans l'ADN des communistes de mettre la main à la poche pour donner de l'argent à leur parti ou à leur journal."