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Rénovation urbaine, l'exemple des Mureaux: "On veut que la ville soit réputée"

Les Mureaux ont opéré leur mutation

Les Mureaux ont opéré leur mutation - GUY ANDRIEU / AFP

François Hollande se rend ce mardi à Boulogne-sur-Mer et Lens, dans le Pas-de-Calais, pour donner un nouvel élan à la politique en faveur des quartiers défavorisés. Politique dont a déjà bénéficié la ville des Mureaux dans les Yvelines en 2006. Grâce à l'aide de l'Etat, elle a pu rénover deux quartiers. Les habitants témoignent des changements ce mardi sur RMC.

C'est ce mardi dans le Pas-de-Calais que le président de la République donne le coup d'envoi officiel au nouveau programme de rénovation urbaine. Plus précisément, François Hollande se rend à Boulogne-sur-Mer et Lens pour donner un nouvel élan à la politique en faveur des quartiers défavorisés. Au total, l'Etat doit consacrer 5 milliards d'euros sur 10 ans (2014-2024) à 200 quartiers prioritaires, dans le cadre du deuxième Programme national de rénovation urbaine (PNRU). Ce mardi, RMC s'est rendue aux Mureaux dans les Yvelines. Cette ville a bénéficié en 2006 du premier programme de rénovation urbaine et a ainsi pu reconstruire deux quartiers défavorisés.

Si les travaux continuent de nombreux changements sont déjà appréciables pour les 15 000 habitants concernés. Par exemple, les bars d'immeuble ont laissé place à de petites résidences de cinq étages entourées de barrières. Un espace vert et même réservé aux habitants de l'immeuble, et ça change tout pour Manelle, 11 ans. "J'ai l'impression d'être dans mon jardin, j'ai mon espace à moi. Et en plus c'est propre". Une grande différence par rapport à avant où "il y avait tout le monde et pas assez de sécurité". Et de constater que "maintenant que c'est privé, on est bien plus à l'aise".

"Vous pouvez dire au président de venir"

La qualité des logements elle aussi a changé : des bâtiments basse consommation remplacent les vielles tours mal isolées et décrépies. Conséquence ? Il y a moins de tensions dans le quartier comme le confirme Aïssata dans Bourdin Direct : "Cela n'a rien à voir. Il n'y a plus d'humidité, tout est neuf et bien construit. On se dit que les gens (les politiques, ndlr) sont en train de faire des choses pour nous donc on est moins révolté et on en veut moins à la société". La rénovation urbaine a aussi permis de remplacer une tour de 18 étages par une école et un pôle culturel. Ce qui fait la fierté des enfants.

"Ils ont construit de nouvelles choses et ça fait du bien" explique l'un d'entre eux. Un autre a même une requête à faire passer: "Vous pouvez dire au président, si vous le voyez, de venir dans notre école". Hadji, 9 ans, va lui encore plus loin : "On veut que la ville des Mureaux soit réputée parce que ça a changé". Une rénovation que Brahim envie. Il habite quelques rues plus loin dans une tour toujours délabrée : "J'aimerais bien que ça soit beau comme là-bas. Je pense que ça va venir".

"Que du positif"

Katy travaille au pôle Molière, une école mêlée à un centre culturel. Elle constate les changements opérés depuis cinq ans : "On a un nouveau collège, une nouvelle médiathèque, de nouveaux aménagements dans les quartiers… Avant cela n'était pas comme ça, cela faisait beaucoup plus cité, blocs. Là maintenant, il y a des espaces verts, moins d'enfants dans les rues… Ce n'est que du positif".

Force est de constater que la ville a énormément évolué. Mais François Garay, le maire DVG des Mureaux, veut aller encore plus loin comme il l'explique à RMC : "Aujourd'hui on est à 50% de la rénovation urbaine et il nous reste encore trois grands secteurs à faire et je pense qu'il est important de finir entièrement le dossier". Mais concrètement, qu'est-ce qui a changé selon lui ? "On revu complétement la notion de quartiers, on les a résidentialiser". Et d'en conclure : "La rénovation urbaine n'est pas qu'une rénovation, c'est une mutation".

Maxime Ricard avec Romain Poisot