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Reprise de WN/ex-Whirlpool: "Les salariés ont le sentiment qu'on veut les enfariner une deuxième fois"

Deux candidats à la reprise partielle de WN, repreneur l'an dernier de l'usine Whirlpool d'Amiens en redressement judiciaire, ont défendu leur offre vendredi devant le tribunal de commerce d'Amiens. La réponse sera connue ce mardi.

Rebelotte pour les anciens salariés de Whirlpool. Ils sauront ce mardi après-midi qui reprendra partiellement WN, repreneur l'an dernier de l'usine Whirlpool d'Amiens en redressement judiciaire.

Cela faisait plusieurs mois que les salariés s'étaient résignés. L'usine tournait au ralenti et les clients se faisaient attendre. En fait, les produits que le repreneur Nicolas Decayeux comptait lancer pour développer le site, des casiers connectés et des voiturettes électriques, n'ont jamais trouvé de débouchés, et le projet s'est rapidement trouvé dans l'impasse financière.

L'industriel a donc dû mettre la clé sous la porte, laissant sur le carreau plus d'une centaine de salariés car seuls une quarantaine de postes pourraient être sauvés si la nouvelle offre de reprise est acceptée ce mardi. Un échec pour le gouvernement.

Nicolas Decayeux avait reçu 2,5 millions d'aides publiques. Bercy a donc voulu vérifier qu'il ne s'était pas servi dans la caisse. L'audit comptable ces derniers jours n'a rien révélé de tel, même si 180.000 euros doivent encore être justifiés.

"Les salariés n'ont pas envie de se faire avoir une deuxième fois"

Fiodor Rilov, avocat des ex-Whirlpool, estime que ces propositions ne sont pas satisfaisantes:

"Aujourd'hui, les salariés n'ont pas envie de se faire avoir une deuxième fois. Il a lancé deux procédures en justice pour obtenir le plan d'affaires de Nicolas Decayeux. Son objectif : prouver que la reprise échouée n'était pas sérieuse depuis le départ: "La première reprise n'a pas fonctionné, on propose une autre reprise, c'est la reprise de la reprise. Vous imaginez bien que les salariés sont extrêmement réservés, ils ont le sentiment qu'on veut les enfariner une deuxième fois. A peine un quart du personnel pourrait être sauvés si jamais cette reprise numéro 2 s'effectuait".
Victor Joanin (avec P.B.)