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Reproduction des orques et des dauphins en captivité interdite: "c'est la fin des delphinariums"

La reproduction des dauphins et des orques en captivité est désormais interdite en France. Une disposition saluée par les associations de protection animale mais décriée par les professionnels du secteur très inquiets quant à leur avenir.

Un arrêté interministériel publié ce samedi interdit la reproduction des orques et des dauphins détenus en France, de même que les échanges avec d’autres bassins. Il rend aussi obligatoire de nombreuses mesures en faveur du bien-être des orques et autres dauphins comme l'agrandissement des bassins, l'interdiction des contacts direct entre le public et les cétacés.

Il ne sera donc plus possible de nager avec les dauphins, une activité lucrative pour les parcs marins. L'arrêté signifie, à terme, l’arrêt de la captivité de ces animaux dans le pays. La disposition a été glissée dans l’arrêté au tout dernier moment. Ni les associations de protection animale, ni les professionnels du secteur n'ont été avertis par Ségolène Royal.

A Antibes, Caroline se bat depuis plusieurs années au sein du collectif "Sans Voix Paca" pour la fermeture des parcs Marins. Cet arrêté est pour elle une première victoire: "Là, les bâtons dans les roues sont posés. Plus de reproduction… C'est un train qui se met en marche vers la fin des delphinariums. Pour la première fois, on sent qu'il y a un intérêt étatique qui se penche vraiment sur la question des animaux captifs qui vivent absolument l'enfer psychologique".

"C'est le rôle d'un zoo moderne de faire de la reproduction"

Stupéfaction en revanche du côté des professionnels comme John Kershaw, directeur zoologique du Parc Marineland. Il n'a pas été averti de cette modification de l'arrêté: "Je suis franchement en colère parce que d'un côté on nous demande d'énormes investissements humains et financiers et de l'autre côté, on nous dit que nous n'avons pas d'avenir. C'est hallucinant. C'est le rôle d'un zoo moderne de faire de la reproduction, ça fait partie des fonctions naturelles de tous les animaux que nous avons. C'est un crime de les priver de ce droit. Mais on va se battre, le texte va être analysé par nos avocats. On va faire tous les efforts pour faire changer la chose".

Les professionnels espèrent également que le futur gouvernement reviendra sur cette décision.

P.B. avec Elodie Messager