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Retour de la bière dans les stades? "Aujourd'hui il y a bien du champagne dans les loges"

De la bière alcoolisée sera vendue au Stade de France à l'occasion de la finale de la Coupe de la Ligue (PSG - Lille), le samedi 23 avril. La Ligue de football professionnel, qui a obtenu pour la première fois l'autorisation de la mairie de St-Denis et de la préfecture, espère étendre cette possibilité à tous les stades de France.

Il y a une chose dont est sûr à propos de la finale de la Coupe de la Ligue: non pas que le PSG va s'imposer contre Lille, mais pour la première fois dans l'histoire de la compétition, il sera servi de la bière alcoolisée au Stade de France. La Ligue de football professionnel, organisatrice de la compétition, a obtenu une dérogation auprès de la mairie de Saint-Denis et de la préfecture pour servir cette boisson quasiment bannie des stades depuis la loi Evin. Car les clubs de Ligue 1 n'ont droit qu'à dix dérogations par an, prises en accord avec les autorités. Insuffisants pour les clubs qui aimeraient pouvoir en vendre à tous les matchs, conscients de l'impact économique.

Cette interdiction de vendre de la bière alcoolisée, "c'est de l'hypocrisie complète", dénonce ce mardi sur RMC Lionel Tonini, président d'honneur des Yankees, un des clubs de supporters de l'Olympique de Marseille. "Dans les loges il y a du champagne et le pauvre quidam dans les tribunes populaires n'a droit à rien !", dénonce-t-il.

"Impossible de boire cinq bières d'un coup"

"Celui veut s'alcooliser peut le faire avant d'entrer dans le stade et ce n'est pas dans le stade qu'on va s'alcooliser vu le prix des bières. Et quand on voit les queues devant les buvettes aux mi-temps, je ne crois pas qu'on puisse se boire cinq bières en même temps".

Lionel Tonini met également en avant l'impact économique de cette interdiction. "Avant la loi Evin, les industriels de la boisson étaient des mécènes qui aidaient le sport et étaient souvent sponsors de grands évènements. C'est donc un manque à gagner dans le sponsoring".

"Au Parlement de décider"

Les maires ne sont d'ailleurs pas forcément opposés à une libéralisation de la vente d'alcool dans les enceintes de football. Ce qu'a confirmé sur RMC Laurence Fautra, maire de Décines (Rhône), la ville sur laquelle est implanté le Parc OL, le nouveau stade de l'Olympique Lyonnais. "J'ai une responsabilité. Je suis là pour appliquer la loi républicaine. Mais c'est vrai que derrière cette loi Evin il y a beaucoup d'hypocrisie", reconnaît l'élue qui s'en remet "au Parlement pour décider" ou non d'un assouplissement de la loi pour permettre aux supporters de foot de boire de la bière à chaque match s'ils le souhaitent.

Philippe Gril avec JJ. Bourdin