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Chasse: une application pour géolocaliser les chasseurs, vraiment efficace?

Le gouvernement doit annoncer ce lundi de nouvelles mesures pour renforcer la sécurité de la chasse. Avec notamment la mise en place d'un délit d'alcoolémie et une application de géolocalisation des chasseurs.

Les mesures pour renforcer la sécurité de la chasse doivent être dévoilées ce lundi par Bérangère Couillard, secrétaire d'Etat à la biodiversité. La chasse, on le sait, ne sera pas interdite le week-end, mais plusieurs mesures doivent permettre de mieux encadrer la pratique. Un délit d'alcoolémie devrait notamment être créé avec une limite à 0.5 g/L comme pour le permis de conduire.

Le ministère devrait aussi défendre le développement d'une application où les chasseurs devront se déclarer et se géolocaliser, pour permettre aux promeneurs d'adapter leur itinéraire de balade.

Une application pour signaler sa position? La mesure paraît superflue pour les chasseurs. En pleine forêt, impossible de passer à côté de la battue. Au bord de chaque sentier, des panneaux de signalisation indiquent la chasse en cours. En gilets oranges, les chasseurs quadrillent les bois, sous la surveillance de Luc, leur président, qui l'assure: pour sécuriser sa battue, il mise davantage sur ses yeux et ses oreilles que sur la technologie.

“Moi, je prends les précautions. Je suis toujours derrière eux et s’il y a quelque chose qui ne va pas, je leur dis. J’ai le téléphone qui n’arrête pas donc je n’ai pas le temps de m’occuper de l’application”, assure-t-il.

Et quand il tombe sur des promeneurs, il préfère les prévenir en direct. “Ils m’ont demandé s’ils pouvaient passer, j’ai dit ‘oui aucun problème’ et ils sont partis, ils font leur petit tour. Il n’y a aucun souci", indique-t-il.

Un problème de réseau?

Fusil à l'épaule, Sigfrid n'est pas contre l’idée de l’application, mais se géolocaliser au milieu des bois peut s'avérer hasardeux selon lui. “Le réseau n’est pas forcément couvert dans toutes les zones de chasse. Donc chaque système a ses limites”, pointe-t-il.

Pourtant, les tirs et détonations même lointaines effraient certains habitants. Séverine, qui sort se balader avec ses deux garçons, attend l'application avec intérêt.

"Ça peut être pratique notamment pour les week-ends pour savoir si c’est libre, si on peut y aller ou pas. Si les chasseurs s’enregistrent vraiment dessus, ça peut être une bonne chose”, juge-t-elle.

En attendant, cette maman préfère contourner la forêt en se justifiant: "C’est plus rassurant pour les enfants".

Pour la dernière saison de chasse, l'Office français de la biodiversité a recensé 90 accidents, contre 80 la saison précédente. Parmi eux, huit ont été mortels, dont deux qui ont concerné des victimes non-chasseurs.

Alfred Aurenche avec Guillaume Descours