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Chasse: "Les Français veulent utiliser l’espace naturel en paix", dit le président de la LPO

Les défenseurs et détracteurs de la chasse devraient être fixés lundi prochain: le gouvernement doit faire plusieurs annonces sur l'encadrement de cette pratique. Évoquée au début, l'interdiction de chasser un jour dans la semaine n'aurait pas été retenue. "C'est un mépris total" pour Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux.

D'après un sondage Ifop publié lundi, 78% des Français seraient favorables à l’interdiction de la chasse le dimanche alors que plusieurs mesures sur l'encadrement de la chasse doivent être annoncées lundi 9 janvier, par le gouvernement.

Le service politique de RMC a pu recueillir les propos d'un député de la majorité très au fait: "Il ne devrait pas y avoir d’interdiction de chasser ni le dimanche, ni aucun autre jour de la semaine". Un étonnement pour Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

"Dans les couloirs, je m’étais laissé dire qu’il y aurait au moins un dimanche après-midi sans chasse. Si maintenant il n’y en a pas, c’est effrayant, c'est un rejet. C’est quand même étonnant car l’exécutif prétend être attentif à ce que ressentent les Français pour les satisfaire au mieux, et là il y a un mépris total des usagers de la nature", a-t-il affirmé sur RMC, ce mardi.

Délit d'alcoolémie et outil de communication

Certaines mesures seraient, en revanche, déjà validées. Celle qui fait consensus, c’est la création d’un délit d’alcoolémie. Comme en voiture, un chasseur ne devra pas dépasser 0,5 gramme d’alcool par litre de sang pour pouvoir chasser.

Autres mesures envisagées, l’accélération de la formation obligatoire à la sécurité, mais aussi de meilleurs outils pour améliorer la communication entre chasseurs et promeneurs, via une application numérique. Cette cohabitation entre promeneurs et chasseurs est au cœur de ces mesures. Ces dernières années, les conflits se sont accélérés.

"C’est bizarre car cette cohabitation est plus difficile alors qu’il y a moins de chasseurs. Au milieu du siècle dernier, il y avait plus de deux millions de chasseurs, aujourd’hui, il y en a moins d’un million. Simplement, il y a beaucoup plus de gens qui se promènent dans la nature", précise-t-il.

"Les Français souhaitent pouvoir utiliser l’espace naturel en paix, au moins une journée par semaine, nous on en souhaiterait deux", ajoute Allain Bougrain-Dubourg.

Les ruraux plus inquiets que les citadins

D'après le sondage Ifop, c'est le milieu rural qui est le plus touché par la méfiance envers la chasse. "Il nous indique qu’à 74 %, ce sont les gens qui habitent la campagne qui sont les plus inquiets face à la chasse. C'est 7% de plus qu'en ville."

Le président de la LPO attend des mesures concrètes, "de bon sens" et pas seulement pour les être humains.

"On veut aussi un peu de paix pour la faune sauvage une fois par semaine. C’est un loisir et pour ce loisir, on élève 20 millions d’animaux chaque année en captivité, qu’on va relâcher devant les fusils", estime-t-il.

Quoiqu'il en soit, les annonces seront faites lundi prochain. "On continuera à se battre", prévient Allain Bougrain-Dubourg.

Astrid Bergere