RMC

Incendies dans les Bouches-du-Rhône: "C'était l'apocalypse", "la fin du monde"

A Pennes-Mirabeau, de nombreux habitants ont dû être évacués à cause des flammes

A Pennes-Mirabeau, de nombreux habitants ont dû être évacués à cause des flammes - Boris Horvat - AFP

Les incendies qui ont détruit plus de 3.000 hectares de garrigue aux portes de Marseille et fait trois blessés sont désormais fixés. Reste un paysage désolé de collines calcinées et de maisons noircies. Pour les habitants, c'est le choc et la désolation.

Les incendies destructeurs au nord de Marseille sont désormais maîtrisés. Plus de 3.000 hectares de garrigues sont partis en fumée depuis mercredi. Des centaines de personnes ont été évacuées jeudi, particulièrement dans la commune de Vitrolles et aux Pennes-Mirabeau, dans les Bouches-du-Rhône. 

Vingt colonnes de pompiers venus de toute la France ont été dépêchées sur place. Jeudi soir, quelque 1.200 soldats du feu luttaient toujours contre les flammes. Le bilan humain dans les Bouches-du-Rhône fait état de trois blessés dont un grave et d'une vingtaine de pompiers incommodés par les fumées.

Sur le plan matériel: trois habitations ont été détruites, 17 endommagées, ainsi que 11 véhicules, un restaurant et un garage automobile. Un groupe scolaire a également subi des dommages. Le lycée professionnel Louis Aragon aux Pennes-Mirabeau était hier soir toujours inaccessible.

"Il faut repartir de zéro"

Jordan a 34 ans, il est sportif de haut niveau et vit aux Pennes-Mirabeau. Mercredi soir, les flammes ont endommagé une partie de sa maison, mais ont surtout totalement détruit son jardin et son garage, dans lequel il entreposait ses motos, ses vélos, son jet ski.

"Ça a pris feu par l'intérieur, une vraie fournaise. Des années de vie stockées là-dedans qui sont parties en fumée. On n'a pas été blessé mais c'est quand même dur à avaler. Tout le monde nous dit: "vous êtes en vie c'est le principal". Oui, on est en vie, mais à l'heure actuelle, gagner sa vie c'est difficile, il faut repartir de zéro. Il y en a pour des années, il y a du boulot. Tout le domaine a brûlé."

"C'est dramatique mais on a évité le pire"

Jeudi la situation était maîtrisée à Vitrolles. Laurent Jobert est directeur d'une concession auto située en bordure d'autoroute et touchée par un départ de feu. Une quinzaine de ses voitures sont parties en fumée et ses baies vitrées ont explosées.

"C'est dramatique mais on a évité le pire heureusement. L'intérieur de la concession est resté intacte. On attend les experts et on va voir comment ça se passe pour nettoyer, remettre en état et être opérationnel rapidement."

"Une vie qui part en fumée"

Même désolation pour Angèle, qui est revenue sur le chantier presque terminé de sa future maison. Située au bord de l'autoroute, un départ de feu a ravagé la pinède voisine et sa maison. Elle ne peut contenir ses larmes.

"Toute une vie et des économies qu'on a laissées là-dedans. Ce sont des années et des années. On travaille toute une vie qui part en fumée en un rien de temps. Et je suis endettée, j'ai des crédits. J'ai tout perdu, tout le matériel. Quelle catastrophe, on dirait la fin du monde de voir ça."

"On a tout perdu, en dix minutes"

Antonio ne peut cacher son émotion. Il aidait sa sœur à construire une maison juste à côté de la sienne à Vitrolles. L'homme participait aux travaux, la bâtisse était presque terminée. Aujourd'hui, il ne peut que constater les dégâts: seuls les murs de la maison en construction ont tenu, le toit s'est effondré, tout est carbonisé.

"J'ai perdu plus de 50.000 euros. On a tout perdu, en dix minutes. Il y avait de la fumée, j'ai commencé à arroser et d'un coup ça a pris avec le vent."

"Ça va être très difficile"

Des habitations, mais aussi des entreprises ont été touchées par les flammes. C'est le cas d'un garage Volvo pour camions. Les flammes ont détruit une bonne partie du parc de véhicule. Slobodan est le chef d'atelier du garage.

"En arrivant, c'était l'apocalypse, ça a été un choc pour tout le monde. Tout est cendres. Au total, ça fait huit véhicules brûlés dont trois complètement. Caisse de stockage, parc, clôtures, un utilitaire. Il reste de la ferraille, des pneus brûlés, en lambeau, plus rien. Ça va être très difficile."
C.H.A. avec Stéphane Burgatt et Marie Regnier