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Incendies: Grégory Allione, patron des pompiers, veut le "quoi qu’il coûte" pour les moyens de lutte

Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, Grégory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, demande plus de moyens pour lutter contre les incendies.

Recruter 250.000 volontaires

Grégory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers, sur RMC:

"J’ai lancé un appel. Il faut souligner la prise en compte des autorités locales, notamment dans le département (des Bouches-du-Rhône) avec un plan de recrutement de sapeurs-pompiers professionnels. Et ça reste l’épine dorsale de la sécurité civile. De l’autre côté, on s’est lancé dans une campagne de promotion et de recrutement de sapeurs-pompiers volontaires. Il faut faire cela au niveau national. On s’aperçoit qu’on est aujourd’hui aux limites du contrat opérationnel. On va appeler des avions d’autres pays, via le mécanisme européen, pour nous permettre de continuer à travailler. On est en train de faire des relèves. On est au 14 juillet, pas au 14 septembre, ce qui veut dire qu’on a encore quelques semaines, quelques mois, à passer. La situation est très complexe. Le moral des troupes reste bon mais la fatigue est là très vite. C’est la raison pour laquelle on en appelle à un objectif de 250.000 sapeurs-pompiers volontaires, pour permettre cette prise en compte de ces moments d’intensité opérationnelle sur le plan de la protection civile."

Appliquer le "quoi qu’il en coûte" à la lutte contre les feux

"La Fédération nationale est en discussion régulière avec les autorités. On en appelle à une politique globale, une ambition de protection et de sécurité civile. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a lancé un certain nombre d’évolutions, presque de révolutions. On est en train d’acquérir des avions, de programmer des investissements massifs. Il y avait une phrase de notre président, le quoi qu’il en coûte, pour une situation sanitaire grave. Je crois qu’en ce moment, le quoi qu’il en coûte en matière de protection civile doit être présent et doit orienter ce mandat-là. (…) Le réchauffement climatique a des impacts sur la protection civile. Ce sont les sapeurs-pompiers, la sécurité civile, qui constatent les effets au quotidien. Les effets, ce n’est pas en 2030, c’est maintenant."

Renforcer la vigilance

"Face à de telles situations, il doit y avoir une prise de conscience globale. Il faut que les citoyens comprennent qu’ils sont de potentiels incendiaires. Nous vivons dans de véritables poudrières. On parle de la Gironde, des Bouches-du-Rhône, mais il y a des feux en Isère, dans le Centre-Val de Loire, en Bretagne, partout sur le territoire métropolitain… Il faut avoir des gestes citoyens et du bon sens paysan. Le cendrier qui a disparu dans les voitures, c’est peut-être une erreur qu’il va falloir corriger. Les gens qui fument dans leur voiture, c’est leur droit, leur problème. Mais il faut qu’ils aient un cendrier à proximité ou une bouteille d’eau dans laquelle ils mettent le mégot. Lorsqu’ils jettent le mégot par la fenêtre, ça peut devenir un drame. Ils sont de potentiels criminels, parce qu’un feu tue. Heureusement, on n’a pas trop de victimes chez les sapeurs-pompiers, uniquement des personnes qui ont été incommodées. Ce qu’on redoute, ce sont les victimes civiles et parmi les troupes qui luttent contre ces feux."

LP