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Incendies: la France manque-t-elle de Canadair?

Face à l’étendue de la sécheresse et aux multiples incendies, les Canadair sont très sollicités. Président du département de la Gironde, Jean-Luc Gleyze estime que la flotte est insuffisante.

"Notre flotte de Canadair est insuffisante". C’est le constat qu’a dressé Jean-Luc Gleyze, président du département de la Gironde et du service départemental d’incendie et de secours (SDIS 33), dans le JDD. Si des avions étaient intervenus rapidement sur les départs de feux à La Teste-de-Buch et Landiras la semaine dernière, le pire aurait pu être évité, selon lui.

"Il faut qu’il y ait une réflexion nationale, voire européenne, sur le sujet, explique Jean-Luc Gleyse dans ‘Apolline Matin’ ce lundi sur RMC et RMC Story. Je vais vous donner deux exemples très concrets. Pendant que nous défendions ces deux incendies majeurs, d’autres départs sont arrivés, sur le Blayais, au nord de la Gironde, et dans le nord des Landes. Les Canadair qui étaient sur le feu de La Teste ont été immédiatement détournés sur ces deux incendies naissants. Comme ils ont été traités à l’origine, ils ont été immédiatement éteints. On voit bien que la proximité des Canadair est absolument essentielle. Nous, ce qu’il nous a manqué me semble-t-il, c’est la rapidité d’intervention des Canadair pour faire en sorte de contenir ces feux."

Une controverse sur le nombre de Canadair disponibles

Combien de Canadair sont-ils en état de voler ? Il y a un désaccord entre les pilotes et la direction de la Sécurité civile. "On a de gros soucis de maintenance, des pannes récurrentes, explique Christophe Gavillot, pilote de bombardier d'eau et porte-parole du syndicat national du personnel navigant de l'aéronautique civile, au micro de RMC. Il y a trois ans, jour pour jour, on avait 22 avions de lutte contre les feux de forêts qui pouvaient voler. Aujourd’hui, on a 14 avions. Un quart de la flotte est clouée au sol pour des problèmes de maintenance. On a alerté plusieurs fois notre direction. C’est resté sans réponse jusqu’à maintenant."

"Ce sont des besoins de maintenance temporaires, répond le commandant Alexandre Jouassard, porte-parole de la Sécurité civile. Les chiffres annoncés, un tiers de la flotte, sont faux. Aujourd’hui (dimanche), nous avions encore dix Canadair et nos Dash qui étaient disponibles. Pour la sécurité des pilotes, c’est important de vérifier ces appareils. L’objectif, c’est que nos pilotes, qui travaillent de façon héroïque, ne soient pas exposés à des risques supplémentaires."

Attaquer les feux naissants, dans les dix minutes

A la Sécurité civile, "on peut comprendre qu’il y ait des questions qui commencent à se poser sur le nombre de moyens matériels aériens et terrestres, dans une période de crise". Et une analyse approfondie sera menée après les batailles de l’été. En attendant, la stratégie est assumée. "La stratégie, c’est l’attaque des feux naissants, dans les dix minutes après l’éclosion d’un sinistre, soit par un moyen aérien, soit par un moyen terrestre, explique le commandant Jouassard. Donc nous avons besoin de répartir nos avions. Nous avons eu des départs de feu ces derniers jours dans l’Aude, dans l’Hérault, dans le Vaucluse. Nous avons utilisé nos avions. Nous avons évité d’avoir une multitude de feu de plusieurs centaines d’hectares. La stratégie, c’est de faire primer les feux naissants face aux feux déjà établis, comme malheureusement en Gironde et dans les Bouches-du-Rhône."

LP