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"C'est un combat": trois ans après les inondations dans le Loiret, des habitants toujours pas indemnisés

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Trois ans après les inondations dans le Loiret, 20% des dossiers de financement ne sont pas encore bouclés pour les habitants sinistrés.

Trois ans après les inondations dans le Loiret, certains habitants sinistrés attendent toujours d’être indemnisés. Selon les associations, 20% des dossiers de financement ne sont pas encore bouclés, la faute aux assurances qui traînent des pieds.

Ils sont une petite dizaine autour de la table, tous sinistrés en 2016. Et ils essayent toujours de comprendre. Alain habite à Ladon, village inondé par 80 cm d'eau. Et 3 ans après, même les jours de fête, c'est compliqué.

"Aujourd’hui, j’ai soixante ans. Ça devrait être une fête, mais c’est une catastrophe parce que les souvenirs reviennent systématiquement. Dès qu’on a des pluies qui reviennent sur la région, on y pense", explique-t-il.

Difficile de tourner la page, notamment parce qu'il n'a toujours pas été indemnisé totalement. Il lui manque plus de 15 000 euros. "C’est un petit peu un combat parce qu'à chaque fois, il y a un expert qui passe et qui essaye de minimiser les travaux. Donc il faut refaire venir un expert, se rebattre, faire les travaux...", énumère Alain. 

Une plainte contre X

Alors ces sinistrés cherchent les responsables. Jacques pointe l'entretien du canal, entre Montargis et Orléans. "Depuis 1953, quand il a été déclassé, toutes les infrastructures ont été laissées à l’abandon et donc on s’est tous retrouvés confronté à ce problème de débordement d’eau", indique-t-il.

Alors aujourd'hui, le conseil départemental a racheté le canal d'Orléans, les écluses sont réparées. Mais le combat continue. Claire Boissier est présidente de l'association d'assistance aux sinistrés du Loiret, qui a porté plainte contre X.

"L’inondation du canal d’Orléans, c’est une erreur humaine. Donc on attend d’être dédommagé comme il se doit. Les responsables doivent payer", appuie-t-elle. 

Six personnes ont été placées en garde à vue, dont les maires de deux communes. Aucune charge n'a été retenue contre eux, à ce stade de l'enquête.

Rémi Ink avec Guillaume Descours