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Vague de chaleur: "Ce n’est pas pour la planète qu’on fait des efforts, mais pour sauver l’humanité"

Une nouvelle vague de chaleur précoce est annoncée en France à partir de mercredi. Un phénomène récurrent qui s'intensifie depuis plusieurs années.

Une nouvelle vague de chaleur est attendue en France à partir de mercredi. Dans le sud du pays, le mercure pourrait dépasser les 35 voire 38 degrés alors que nous ne sommes qu’au début du mois de juin.

Une vague de chaleur qui intervient dans un contexte de sécheresse qui dure depuis déjà plusieurs mois et qui fait craindre le pire pour les récoltes. La multiplication et l'intensification des vagues de chaleur, aux quatre coins de la planète, sont les manifestations les plus évidentes du réchauffement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre qu'experts et militants appellent à réduire drastiquement et immédiatement pour limiter les impacts déjà à l'œuvre.

En France, les données montrent bien cette multiplication. Ainsi, sur les 43 vagues de chaleur détectées depuis 1947, neuf ont eu lieu avant 1989, le reste entre 1989 et 2020: soit "trois fois plus de vagues de chaleur ces 30 dernières années que durant les 42 années précédentes", souligne Météo France.

Pour Pierre Rondeau, chroniqueur d'"Estelle Midi" sur RMC et RMC Story, il faut absolument prendre conscience de l’intensification de ce phénomène.

“Il y a quelques années, quand on avait un épisode caniculaire, c’était vraiment exceptionnel. Ça arrivait tous les deux, trois ans. Maintenant, j’ai le sentiment que ça arrive tous les mois. Et ça va arriver cet été tous les trois, quatre jours. Il va faire très chaud cet été. Alors on pourra me dire, c’est l’été, il fait chaud. Non, c’est grave et c’est mondial. Maintenant, la question, est-ce que face à ça il faut agir individuellement ou se dire que finalement je préfère mon bonheur personnel, en installant la clim, en prenant des bains tous les jours... Ces actes individuels, ils n’auront aucun impact, ou très faible, sur le changement climatique et la sauvegarde de la planète. Alors oui, il faut agir mais il faut surtout demander que mondialement et politiquement, les choses changent”, explique-t-il ce lundi dans “Estelle Midi”.

"Il faut agir vite"

Mais pour le prévisionniste de Météo France Sébastien Léas, il faut prendre conscience qu’un changement de comportement n’est pas nécessaire pour la planète mais pour le bien de chacun.

“Il ne faut pas penser qu’on va sauver la planète. La planète, elle survivra très bien sans nous. Ce n’est pas pour la planète qu’on fait des efforts, c’est pour sauver l’humanité, pour nous sauver nous. Il y a des pays qui ont des réfugiés climatiques. Il y a un côté injuste avec le changement climatique, c’est que ce sont les pays riches et notamment les pays du nord qui polluent, et ce sont les pays du sud, les pauvres, qui finalement trinquent. Avec un modèle plus écologique, on peut réussir à réduire ce changement climatique mais on n'arrivera pas à inverser la tendance. C’est là où c’est important, c’est là qu’il faut agir vite et à la fois au niveau individuel et au niveau global”, appuie-t-il.

Ce type de vague de chaleur précoce devrait se multiplier dans les années à venir. Même dans un scénario optimiste de baisse majeure des émissions, le nombre de jours de vagues de chaleur ou de canicules devrait doubler d'ici la fin du siècle en France.

Guillaume Descours