RMC

"Nous ne pouvons pas mener toutes les batailles": les sauveteurs australiens privilégient les biens matériels aux animaux

Débordés face à des incendies d'ampleur, les pompiers privilégient le sauvetage des biens humains aux animaux alors que 500 millions d'entre eux auraient déjà perdu la vie.

Les incendies dévastent toujours le Sud-Est de l'Australie. Au total 24 personnes sont mortes tandis que plus de 6 millions d'hectares ont brûlé en quatre mois. Et d'autres estimations font état de la mort de près de 500 millions d'animaux.

Alors les Australiens tentent d'aider koalas et kangourous dès qu'ils le peuvent. Des kangourous et des koalas mais aussi des wallabys ou encore des moutons victimes des flammes.

John n'a jamais vu une telle hécatombe: "Je suis né ici il y a 71 ans et jusqu’à présent il n’y avait jamais eu d’incendie aussi féroce ; des milliers de moutons sont morts, par exemple mon frère vient d’en perdre plus de 3000".

Et les secours sont débordés, alors que les incendies continuent de ravager le bush australien. Troy Doley, responsable des pompiers ruraux de la Nouvelle-Galles-Du-Sud, l'assume, il ne s'occupe pas des animaux: "Nous avons choisi ce que nous pouvons sauver et notamment des habitations. Nous faisons des choix nous ne pouvons pas mener toutes les batailles", explique-t-il.

"Il y a un risque de perdre au niveau de la diversité génétique des espèce"

Selon une première estimation, 500 millions d'animaux sont déjà morts. À terme, ce sont des espèces entières menacées de disparition totale. Et il faudra attendre aux moins 40 ans pour que certaines espèces retrouvent leurs habitats naturels. 

"On est en train de perdre les lieux d’habitat, d'alimentation et on est en train de morceler des populations entières. Il y a aussi un risque de perdre au niveau de la diversité génétique des espèces. C’est absolument dramatique pour la faune australienne", alerte Baptiste Mulot, responsable vétérinaire au Zoo de Beauval.
Cyprien Pézeril (avec Guillaume Dussourt)